”Lorsque furent accomplis les quarante jours prescrits par la Loi de Moïse pour la purification de la mère d’un nouveau-né (Lévitique 12), la Toute-Sainte Mère de Dieu et saint Joseph amenèrent l’Enfant Jésus à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, car tout garçon premier-né, appartenant de droit au Seigneur (Exode 13, 15), devait Lui être consacré au Temple et être en quelque sorte racheté par l’offrande d’un agneau d’un an ou, pour les familles pauvres, d’un couple de tourterelles et de deux colombes. Lui qui n’est pas venu abolir la Loi mais l’accomplir (Mat. 5, 17), le Seigneur du ciel et de la terre, ayant assumé notre nature mortelle, la restaure dès Sa venue au monde en se faisant obéissant à tous les préceptes de la Loi: source de toutes les richesses, Il se fait le plus pauvre d’entre nous et se soumet à la Loi qu’Il nous a Lui-même donnée, nous montrant que l’obéissance est la voie de la réconciliation avec Dieu. Bien que ni Lui ni Sa Mère immaculée n’eussent besoin de purification, Il attendit l’écoulement de la durée légale pour présenter dans le Temple ce corps qu’Il avait assumé afin d’en faire le nouveau Temple parfait de Sa divinité, et accepta d’être racheté par l’offrande des pauvres: les colombes et les tourterelles, symboles de la pureté, de la paix et de l’innocence que le Sauveur ami des hommes est venu nous apporter.

Parvenus dans le Temple, ils furent accueillis, selon la tradition, par le grand prêtre Zacharie, père de saint Jean le Précurseur, qui plaça de manière inattendue la Mère de Dieu à l’emplacement réservé aux vierges. À ce moment arriva un homme du nom de Syméon, juste et pieux, qui attendait depuis de longues années la réalisation de la promesse que l’Esprit Saint lui avait faite: qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu et touché le Christ Seigneur. Ce vieillard, qui figurait toute l’attente d’Israël, tendit ses bras pour recevoir le Sauveur comme sur un trône de chérubins, bénit Dieu et dit: «Maintenant, ô Maître souverain, Tu peux laisser Ton serviteur s’en aller en paix selon Ta parole, car mes yeux ont vu Ton Salut» (Luc 2, 29). L’Alliance ancienne et la Loi obscure demandaient ainsi, par sa voix, à se retirer devant la lumière de la Grâce; et il prononça l’ultime prophétie sur le Sauveur, prédisant à Sa Mère que la Passion et la vivifiante Résurrection de son Fils seraient un signe de contradiction, amenant la chute des impies et le relèvement de ceux qui croiraient en Lui. Une veuve très âgée, la prophétesse Anne, de la tribu d’Aser, qui servait Dieu jour et nuit dans le Temple par le jeûne et la prière, s’avança elle aussi vers l’Enfant et se mit à louer Dieu, annonçant à tous la délivrance d’Israël.

En entendant ces révélations, et furieux de voir Marie placée parmi les vierges par le grand prêtre, des pharisiens présents allèrent tout rapporter au roi Hérode; comprenant qu’il s’agissait du nouveau-né dont lui avaient parlé les Mages venus d’Orient, celui-ci envoya aussitôt des soldats pour le mettre à mort. Mais, avertis à temps par un Ange, Joseph et Marie s’enfuirent en Égypte, et ce n’est que deux ans plus tard, rapporte la tradition, qu’ils regagnèrent Nazareth en Galilée, où l’Enfant-Dieu grandit paisiblement en attendant l’heure de Son ministère. Cette fête de la sainte Rencontre du Seigneur — appelée aussi Purification de la Mère de Dieu, ou Chandeleur, en Occident — était connue dès le IVe siècle à Jérusalem; introduite à Constantinople par l’empereur Justinien en 542, elle fut alors rangée parmi les grandes fêtes du Seigneur.