”Né en Picardie au début du IXe siècle, saint Anschaire, resté orphelin, fut élevé au fameux monastère de Corbie, où, après avoir reçu la tonsure monastique, il devint écolâtre et fut chargé de prêcher au peuple. En 826, le roi danois Harold, récemment baptisé, ayant demandé à Louis le Débonnaire des missionnaires pour répandre l’Évangile dans son royaume, Anschaire fut choisi avec un autre moine pour évangéliser ces pays du Nord. Confirmé par une vision, le nouvel Apôtre s’embarqua pour la Baltique; victimes d’un naufrage qui les dépouilla de tout, les deux moines commencèrent néanmoins leurs prédications avec confiance, et, rapidement couronnés de succès, convertirent le gouverneur de la ville de Birka, ami et conseiller du roi. De retour en France après un an et demi, Anschaire fut consacré archevêque de ce nouveau diocèse des pays scandinaves, avec siège à Hambourg (831).
Dès son retour, il déploya un zèle accru pour l’extension de la foi au Danemark et dans le nord de l’Allemagne. À l’imitation de saint Martin de Tours, qu’il avait pris pour modèle, Anschaire demeurait un ascète et un homme de prière, qui n’entreprenait rien sans avoir consulté Dieu; il distribuait tous ses revenus pour fonder des hôpitaux, nourrir les pauvres et racheter les captifs des pirates, et organisa près de sa cathédrale de Hambourg un monastère, sur le modèle de Corbie, pour la formation des futurs missionnaires. En 845, après le pillage de Hambourg par les Normands, il dut quitter son siège et errer quelque temps sans ressources; mais, deux ans plus tard, il fut nommé évêque des deux diocèses réunis de Hambourg et de Brême, et put alors reprendre la mission au Danemark — où il convertit le roi Horich —, puis en Suède. Cet Apôtre qui répandit au prix de labeurs continuels la semence de l’Évangile dans les pays du Nord rendit son âme à Dieu à Brême, le 3 février 865, et fut aussitôt vénéré comme le saint protecteur de ces nouvelles Églises.