”Saint Timothée était originaire de Lystres, ville romaine de la province de Lycaonie, en Asie Mineure. Né d’un père païen et d’une mère juive nommée Eunice, il avait été élevé dans la piété et l’amour des saintes Écritures par celle-ci et par sa grand-mère Loïs. Lors d’un premier séjour dans la ville (45), le grand Apôtre saint Paul avait converti les deux femmes; et lorsqu’il revint quelques années plus tard (vers 50), il trouva le jeune Timothée plein de ferveur et d’admiration pour les souffrances qu’il avait endurées au Nom du Christ. Sur la recommandation des frères de Lystres et d’Iconium, Paul le baptisa, lui imposa les mains et fit de lui le compagnon de ses labeurs et son disciple préféré, qu’il appelle «mon enfant bien-aimé» (I Tim. 1) et dont il témoigne: «C’est comme un fils auprès de son père qu’il a servi avec moi la cause de l’Évangile» (Phil. 2, 22). Bien que la Loi eût été abolie par la Grâce, l’Apôtre circoncit son jeune disciple, afin qu’il pût prêcher aux Juifs dans leur synagogue aussi bien qu’aux païens sur l’agora. Doux, réservé, modèle d’humilité, Timothée montrait cependant un zèle infatigable pour la prédication, comme un «bon soldat de Jésus-Christ» (II Tim. 2, 3).
D’Iconium, Timothée parcourut avec Paul la Phrygie et la Galatie, puis, à la suite d’une vision céleste, ils passèrent en Macédoine et évangélisèrent Thessalonique et Bérée, où Timothée demeura pour affermir les fidèles pendant que Paul gagnait Athènes. Il rejoignit ensuite l’Apôtre à Corinthe, travailla à la conversion de la cité, collabora à la rédaction de la seconde lettre aux Corinthiens, et accompagna saint Paul lors de son dernier voyage à Jérusalem. Il assista à son arrestation, le suivit à Césarée puis à Rome durant sa première captivité, d’où Paul l’envoya en mission à Philippes. Une fois l’Apôtre délivré, Timothée le rejoignit en Orient et fut finalement placé par lui à la tête de l’Église d’Éphèse, avec mission d’organiser le culte, de combattre les faux docteurs, de choisir avec discernement les membres de la hiérarchie et de conduire en tout temps le troupeau du Christ dans la paix et la vérité. Dans une seconde lettre, écrite de sa prison de Rome alors qu’il attendait la mort, l’Apôtre invitait son fidèle disciple à venir l’assister dans ses derniers moments; Timothée fut alors arrêté à son tour, mais bientôt remis en liberté, et il regagna son diocèse après la mort de saint Paul.
On rapporte qu’il rencontra à Éphèse saint Jean le Théologien, reçut de lui un surcroît de grâce et d’illumination spirituelle et, après l’exil de l’Apôtre Bien-aimé à Patmos, gouverna l’Église en rassemblant en lui-même l’esprit de saint Jean et celui de saint Paul. Un jour, comme les païens de la cité se préparaient à célébrer une de ces fêtes ignobles qui se terminaient toujours par des orgies et des meurtres, saint Timothée tenta de s’interposer pour les ramener à la raison; mais ces gens, devenus semblables à des bêtes furieuses, se jetèrent sur lui et le rouèrent de coups. Ses disciples parvinrent de justesse à le tirer de la mêlée et le transportèrent à demi-mort sur une hauteur voisine, où il remit bientôt son âme à Dieu. Son corps fut enseveli non loin du tombeau de saint Jean, et, bien plus tard (356), ses précieux restes furent transférés solennellement à Constantinople, avec ceux de saint André et de saint Luc, pour être déposés dans l’église des Saints-Apôtres, où ils accomplirent de nombreux miracles, jusqu’à ce que les Croisés latins les dérobent lors du pillage de la ville, en 1204.
