”Saint Avit naquit à Vienne, en Dauphiné, vers le milieu du Ve siècle, au sein d’une famille sénatoriale qui donna plusieurs saints à l’Église. Il s’était retiré dans un monastère proche de la cité pour se consacrer à Dieu seul, mais à la mort de son père, devenu évêque de Vienne, il fut appelé à lui succéder (490). Pieux, humble et pacifique, il s’appliqua tout au long de son épiscopat à faire triompher la charité et l’unité dans l’Église, réconciliant avec Dieu pécheurs et hérétiques, rétablissant la concorde entre les frères divisés et corrigeant avec douceur les négligents.

Sa réputation de docteur avisé et de pasteur éclairé se répandit dans tout le monde chrétien; il acquit ainsi l’estime du roi des Burgondes Gondebaud et du roi des Francs Clovis, qu’il félicita chaleureusement lors de son baptême. N’ayant pu décider Gondebaud à embrasser la foi orthodoxe, il convertit du moins son fils aîné Sigismond et, avec son appui, travailla efficacement à la liquidation de l’arianisme par la réunion de conciles provinciaux. Il combattit aussi les autres hérésies, soutint le pape légitime Symmaque contre l’antipape Laurent, écrivit à l’empereur Anastase pour réfuter les erreurs monophysites d’Eutychès, et joignit ses efforts à ceux du pape Hormisdas pour mettre fin au schisme d’Acace. Plus grande lumière de l’Église des Gaules de son temps, il consacra ses dernières années, outre une œuvre de sermons et de poésies, au seul gouvernement de son diocèse, s’employant à cultiver la conduite évangélique parmi une population aux mœurs encore germaniques. Il remit son âme à Dieu en 525, à l’âge de soixante-quatorze ans.