”Selon une tradition rapportée par d’anciens chroniqueurs, le juste vieillard Syméon aurait été choisi, au temps du pharaon Ptolémée Philadelphe (285-246 av. J.-C.), parmi les Septante sages chargés de traduire en grec la Bible hébraïque, pour traduire le livre du prophète Isaïe. Parvenu au passage où le Prophète annonce la naissance virginale du Christ — «Voici, la Vierge concevra et enfantera un fils» (Is. 7, 14) —, il prit, tout embarrassé, un canif pour gratter le mot «vierge» et le remplacer par «jeune femme»; mais un Ange de Dieu l’arrêta, lui expliquant que ce qui lui semblait impossible était une prophétie sur la venue du Fils de Dieu, et lui promit qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu et touché le Messie né de la Vierge. Lorsque, après de très longues années, le Christ fut amené par la Très Sainte Mère de Dieu au Temple de Jérusalem, l’Esprit de Dieu révéla au vieillard que le temps de la promesse était accompli: il accourut, prit l’Enfant dans ses bras et put dire de tout son cœur: «Maintenant, ô Maître souverain, Tu peux laisser Ton serviteur s’en aller en paix selon Ta parole, car mes yeux ont vu Ton Salut» (Luc 2, 29). Il s’endormit en paix quelques jours plus tard, et ses reliques furent vénérées à Constantinople, en l’église Saint-Jacques.

La sainte prophétesse Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser, était âgée de quatre-vingt-quatre ans; veuve depuis la mort prématurée de son époux, elle avait passé toute sa vie dans le Temple, dans le jeûne et la prière, attendant l’avènement du Sauveur. S’avançant elle aussi vers l’Enfant, elle se mit à louer Dieu et à annoncer à tous la délivrance d’Israël. Si le vieillard Syméon était la figure vivante de l’ancien Israël, qui attendait la venue du Messie pour disparaître et laisser la place à la lumière de l’Évangile, sainte Anne représentait le modèle des saintes veuves, des vierges et des moines, qui se détachent de tout souci du monde pour demeurer en permanence dans le Temple du Seigneur; et quand, comme eux, ils auront vu des yeux du cœur et touché par leurs sens spirituels le Christ venu habiter en eux, ils L’annoncent alors à tous les hommes avec joie et assurance: «Lumière pour éclairer les nations et gloire d’Israël ton peuple» (Luc 2, 32).