”Au temps de la persécution, l’un des compagnons de saint Hippolyte, soumis à l’interrogatoire, confessa bravement le Christ-Dieu et fut jeté en prison. Il y accomplit, par la grâce de Dieu, de nombreux miracles, ressuscitant même un mort, et attira à la foi les vingt soldats chargés de garder le cachot; dès que leur conversion fut connue, tous furent décapités. On arrêta aussi en ce temps-là la bienheureuse Chrysie, illustre par la noblesse de son origine et par sa piété: suspendue à un gibet, les flancs déchirés à coups de nerfs de bœuf, puis étendue à terre pour être frappée de lourds bâtons et brûlée aux torches, elle subit après quelques jours de nouvelles tortures et fut finalement jetée à la mer, une lourde pierre attachée au cou. Saint Sabin, qui avait lui aussi confessé le Christ, fut soumis à l’épreuve des nerfs de bœuf et des torches ardentes, et rendit son âme à Dieu en lui rendant grâce au milieu des supplices.
Saint Hippolyte était un prêtre pieux, si versé dans la science des saintes Écritures qu’il avait écrit de longs traités pour réfuter toutes les hérésies, et qu’une partie du peuple chrétien le considérait comme pape légitime, à une époque où l’Église de Rome était divisée par un schisme. Lorsqu’il apprit la mort glorieuse des saints martyrs, il se précipita, avec d’autres membres du clergé romain, devant le gouverneur Vulpius Romulus et, plein de zèle divin, lui reprocha sa cruauté. Le juge irrité fit aussitôt saisir le saint et ses compagnons et ordonna de les soumettre à la torture; après avoir enduré divers supplices, les martyrs furent jetés à la mer et reçurent ainsi la couronne de la victoire.