”Saint Néophyte naquit de parents chrétiens à Nicée, au début du règne de Dioclétien (vers 290). Dès son plus jeune âge, il excitait les autres enfants à l’amour du Christ et donnait son pain aux pauvres; à neuf ans, il fit jaillir d’un rocher, par sa prière, une source d’eau et de lait pour rassasier ses compagnons. Une nuit, comme sa mère priait pour connaître l’avenir de son fils, une colombe descendit du ciel et déclara d’une voix humaine qu’elle avait été envoyée par le Saint-Esprit pour protéger l’enfant; frappée de stupeur, la femme tomba morte, mais Néophyte la ressuscita par sa prière. La colombe lui recommanda alors de quitter les siens, comme Abraham, pour acquérir la vie éternelle: il partit pour le mont Olympe de Bithynie, délogea d’une grotte un lion au seul son de sa voix et y vécut dans la prière, nourri d’un pain céleste apporté par un Ange; à onze ans, rappelé pour assister ses parents dans leurs derniers jours, il distribua ensuite ses biens aux pauvres et regagna sa caverne.

À quinze ans, alors que le gouverneur envoyé à Nicée faisait régner la terreur, Néophyte reçut de Dieu l’ordre d’aller recevoir la couronne du martyre. Il arriva un jour de fête, sauta au milieu de l’arène et proclama le Christ seul vrai Dieu. Saisi par les gardes, flagellé, la chair déchirée par des ongles de fer, il fut jeté dans une fournaise ardente d’où il ressortit indemne trois jours plus tard, comme les saints Jeunes Gens à Babylone (Dan. 3). Livré ensuite aux fauves, il en apaisait la férocité; et lorsqu’on lâcha contre lui un terrible lion, la bête reconnut soudain l’enfant qui avait jadis habité son antre et vint, calmée, frétiller à ses pieds comme un petit chien. Emporté par la fureur que les bêtes avaient abandonnée, le gouverneur saisit alors la lance d’un soldat et perça lui-même le cœur du saint, lui procurant la palme de la victoire.