”Citoyen de Calamata, dans le Péloponnèse, où il exerçait la profession de barbier, saint Élie était fort respecté pour sa sagesse, même par les magistrats turcs de la cité. Un jour que ces derniers étaient venus prendre conseil auprès de lui, il les exhorta à tout faire pour alléger les charges fiscales des chrétiens, de peur d’en voir beaucoup, accablés, passer à l’Islam. La discussion s’échauffa et, sous le coup de l’emportement, il déclara qu’il était lui-même disposé à renier sa foi contre un fez; l’un des Turcs le prit au mot, lui offrit aussitôt le couvre-chef, et le malheureux Élie, aveuglé, adhéra à l’Islam devant le juge.

Bientôt touché de repentir, il se fit moine au Mont Athos, où il mena pendant huit ans une vie vertueuse. Comme sa conscience ne parvenait cependant pas à trouver la paix, il obtint de son père spirituel la bénédiction de s’offrir au martyre. Il retourna à Calamata, se présenta devant le juge en confessant le Christ, et, après deux interrogatoires, fut condamné à être brûlé à petit feu. Jeté sur un bûcher de bois vert, il mourut presque aussitôt, étouffé par la fumée; mais, par miracle, le feu laissa entièrement intacts ses vêtements et ses cheveux, et une lumière céleste apparut au-dessus de son corps, que les chrétiens du lieu allèrent ensevelir avec dévotion. On éleva par la suite une église à l’emplacement de son tombeau (1686).