”Saint Georges était originaire du village d’Alikianos, en Crète. Depuis son enfance, il avait coutume de lire chaque soir, au retour des champs, la vie des saints jusqu’au milieu de la nuit; et un jour, achevant le récit du martyre d’un grand saint, il s’écria: «Ô mon Christ, rends-moi digne de verser moi aussi mon sang pour Toi!» Lorsque éclata l’insurrection des Grecs opprimés, en 1866, Georges, alors âgé de vingt ans, servait d’estafette entre les groupes de partisans; s’étant rendu au village de Fourné, il fut arrêté avec les autres combattants à la suite d’une trahison. Tandis que les Turcs les massacraient un à un au milieu d’atroces supplices, un officier qui lui était redevable d’un bienfait lui proposa la vie sauve s’il se convertissait à l’Islam; Georges lui répondit en riant que c’était précisément cette mort qu’il avait demandée à Dieu depuis tant d’années. Livré à la torture, il endura sans un gémissement qu’on lui coupât successivement les mains, les oreilles, le nez, la langue et les pieds, qu’on lui arrachât les yeux, et fut enfin décapité, rendant grâce à Dieu et remerciant de tout cœur ses bourreaux. Son corps fut jeté en tas avec ceux des autres insurgés, en un lieu resté inconnu.