”Originaire de Kratovo, en Serbie, le jeune et pieux Georges, par crainte des Turcs qui enlevaient les adolescents pour le service du sultan, gagna Sofia, où il suivit l’enseignement d’un prêtre pieux nommé Pierre tout en exerçant le métier d’orfèvre. À dix-huit ans, des Turcs, ayant remarqué ses qualités, tentèrent en vain de le convertir; résistant comme le diamant à leurs promesses, il leur opposait, comme preuve de la vérité de notre foi, le témoignage des miracles accomplis par les reliques des saints. L’Esprit Saint inspirait à ses réponses une telle sagesse que les Turcs, hurlant pour ne pas l’entendre, exigèrent du juge qu’il le jette en prison; et son maître, le prêtre Pierre, parvint jusqu’à son cachot pour l’encourager devant le supplice du feu qu’on lui avait préparé.

Soumis le lendemain à l’interrogatoire et aux mauvais traitements, Georges supporta tout avec joie. Le juge, ému par sa vaillance et sa jeunesse, tenta de l’épargner, mais dut bientôt céder aux cris de la foule avide de sang; on se précipita sur le saint en le tirant de tous côtés, en le frappant et en lui crachant au visage, puis on l’amena sur la place du marché aux cris du héraut. Comme le cortège passait près de la cathédrale Sainte-Sophie, le prêtre Pierre lui cria: «Prends patience un moment aujourd’hui, ô Georges, afin de danser éternellement avec le Christ!» Les Turcs allumèrent le brasier et y jetèrent le saint avec rage; mais il leur cria: «Je ne crains pas ce feu, qui se change pour moi en une douce rosée; rien ne pourra me séparer de l’amour du Christ!» Comme ses liens avaient brûlé, il leva les mains au ciel et fit le signe de la Croix; un Turc se précipita alors sur lui avec un gros bâton et le frappa à la tête, libérant son âme pour son envol vers le ciel. Malgré tous leurs efforts, son corps résista aux flammes, et le prêtre Pierre put le recueillir avec les chrétiens et l’ensevelir dignement (1515).