”Natif de Trébizonde, saint Jourdain était chaudronnier à Constantinople. Un jour de fête, comme il se divertissait avec des collègues turcs, il répliqua à l’un d’eux qui s’était moqué de saint Nicolas en tournant à son tour en dérision Mahomet. Le lendemain, il apprit que les Turcs venaient d’ordonner la mise à mort de quiconque se moquerait de leur prophète; il se réfugia chez un ami turc, mais celui-ci, craignant d’être accusé d’avoir caché un blasphémateur, le dénonça. Jourdain repoussa avec fermeté toutes les propositions flatteuses du juge, confessa le Christ avec confiance et accueillit la sentence de mort avec joie, demandant seulement la grâce de retourner à son échoppe pour régler ses comptes: il s’acquitta de ses dettes, distribua le reste de ses biens aux églises, aux monastères et aux orphelins, puis, demandant pardon en chemin à tous les chrétiens qu’il rencontrait, courut avec allégresse jusqu’au lieu de l’exécution. Il eut la tête tranchée le 2 février 1650.