”Saint Parthénios vécut sous le règne de saint Constantin le Grand. Fils d’un diacre de Mélitopolis, sur l’Hellespont, il était dépourvu d’instruction, mais suivait avec attention les lectures de l’Écriture faites à l’église et s’efforçait depuis sa jeunesse de les mettre en pratique: exerçant le métier de pêcheur, il vendait ses poissons pour en distribuer le produit aux pauvres, sans rien garder pour lui. Sa charité le rendit célèbre, et l’évêque Philète l’ordonna prêtre contre son gré; la Grâce de Dieu fructifia alors en lui par quantité de miracles: il remit en place et guérit l’œil d’un homme arraché d’un coup de corne, guérit d’un signe de croix une femme atteinte d’un mal incurable, et abattit raide mort, d’un seul souffle, un chien enragé qui se jetait sur lui. Devant tant de preuves de la faveur divine, le métropolite de Cyzique le consacra évêque de Lampsaque, encore plongée dans l’idolâtrie; par ses jeûnes, ses prières et l’exemple de sa conduite, il convertit la cité, obtint de saint Constantin l’autorisation de détruire les temples païens et de bâtir une église, et, lors de sa construction, rendit la vie au conducteur d’un attelage écrasé sous les roues.

Père aimant et providence de sa cité, il guérissait sans faillir toutes les maladies — au grand dam des médecins réduits au chômage — et, à sa seule approche, les démons prenaient la fuite comme les ténèbres devant la lumière. Un jour qu’il chassait le démon d’un malheureux, l’esprit le supplia: «Donne-moi au moins un lieu où demeurer, ou laisse-moi entrer dans les porcs.» — «Pas du tout, répondit le saint, mais c’est un autre homme que je t’offre: moi-même! Viens, habite en moi!» À ces mots, l’esprit s’enfuit comme brûlé par le feu, en criant: «Comment pourrais-je entrer dans la maison de Dieu? Ô, grande est la puissance des chrétiens!» À Héraclée de Thrace, Dieu lui révéla que l’avarice était la cause de la maladie de l’évêque Hypatien: «Restitue aux pauvres les biens que tu as détournés, et tu recouvreras la santé», lui dit-il; et le métropolite, ayant distribué tous ses biens aux nécessiteux, fut guéri trois jours plus tard. Après avoir béni les champs en prédisant exactement leur rendement et annoncé au métropolite sa mort prochaine et son successeur, Parthénios regagna Lampsaque, où il remit bientôt son âme à Dieu, laissant en héritage à son peuple le parfum de ses miracles et l’exemple de sa sainteté.