”Fils et successeur du prince de Bulgarie Syméon le Guerrier († 927), saint Pierre était un homme humble, pieux et pacifique; par un frappant contraste avec le règne de son père, marqué par des guerres continuelles, son long séjour sur le trône fut une période de paix et de réconciliation avec Byzance comme avec l’Occident. Marié à la petite-fille de l’empereur Romain Lécapène, il fut reconnu comme roi et obtint pour l’Église bulgare l’indépendance à l’égard de Constantinople, avec un patriarche à sa tête. Il avait une grande dévotion pour saint Jean de Rila, auprès de qui il aimait prendre conseil, et entretenait des relations avec les ascètes renommés de son temps. C’est pendant son règne que l’hérésie des Bogomiles, dérivée du manichéisme, commença à pervertir une partie du peuple insuffisamment instruit dans la foi; le roi réagit énergiquement et convoqua un concile pour la condamner et rappeler les principes chrétiens, mais ce fléau devait agir longtemps encore parmi les Bulgares. En 969, à la suite de l’invasion du nord de son royaume par le prince de Kiev Sviatoslav, Pierre renonça au trône et prit l’habit monastique; il mourut l’année suivante, consacrant à Dieu seul ses derniers jours.