”Le saint prophète Zacharie, fils d’Iddo, était revenu de l’exil de Babylone à la suite de l’édit de Cyrus (538 avant J.-C.). Il commença à prophétiser à Jérusalem, avec le prophète Aggée, la deuxième année du roi Darius (520), pour encourager les Juifs à reprendre la reconstruction du Temple, interrompue par les obstructions des Samaritains, et à suivre avec confiance le gouverneur Zorobabel et le grand prêtre Josué que Dieu avait placés à leur tête. Après les avoir exhortés à revenir au Seigneur — «Revenez à moi, et je reviendrai vers vous, dit le Seigneur Sabaot» —, il annonça dans une série de visions que la reconstruction du Temple serait pour le peuple le signe de sa restauration dans la faveur divine: «Je reviens à Sion et je veux habiter au milieu de Jérusalem; Jérusalem sera appelée Ville de Fidélité.» Dans cette cité rénovée, figure de l’Église, la vraie Jérusalem, toutes les nations entreront pour se soumettre au Christ Messie, dont Zorobabel était le précurseur; un ange descendit même la mesurer au cordeau, cité aux portes toujours ouvertes à cause de l’abondance de ses habitants, et dont Dieu lui-même serait la muraille de feu.
Par-delà les siècles, la voix de Zacharie, reprise par les Évangélistes, chante l’humilité du Sauveur: «Exulte avec force, fille de Sion! Crie de joie, fille de Jérusalem! Voici que ton roi vient à toi: juste et victorieux, humble, monté sur un âne, sur un ânon, le petit d’une ânesse.» Il prédit aussi que le Christ serait livré pour trente sicles d’argent et annonça clairement sa Passion: «Et ils regarderont vers moi, celui qu’ils ont transpercé; ils se lamenteront sur lui comme on se lamente sur un fils unique.» Mais cette mort serait salutaire, car c’est par elle que la Maison de David serait rétablie et qu’en ce jour s’ouvrirait «une fontaine pour David et pour les habitants de Jérusalem, afin de laver péché et souillure». La Ville sainte serait alors éclairée par un lampadaire portant sept lampes, les yeux du Seigneur — figure des sept dons du Saint-Esprit —, alimentées par deux oliviers, Zorobabel et Josué, représentant le pouvoir temporel et l’autorité spirituelle que le Christ réunirait en sa Personne divino-humaine.
Les yeux de l’âme tournés vers l’avenir, Zacharie percevait dans la lumière du Messie les fins ultimes du genre humain: il prédit le grand combat du dernier jour, quand toutes les nations seront rassemblées à Jérusalem pour être jugées par Dieu et éprouvées par le feu. Le Seigneur lui-même apparaîtra alors, entouré de tous ses saints, et ses pieds se poseront sur le mont des Oliviers, y ouvrant une vaste vallée; en ce jour unique, la lumière de Dieu brillera sans déclin, abolissant l’alternance du jour et de la nuit, et des eaux vives sortiront de Jérusalem pour arroser le monde entier: «Le Seigneur sera unique, et son Nom sera unique.» On y célébrera une fête permanente, à laquelle seront conviées toutes les nations de la terre, tandis que les ennemis de Dieu se lamenteront dans les flammes; tout y sera consacré au Seigneur, et plus rien de vil ni de profane n’y entrera, jusqu’aux marmites et aux grelots des chevaux qui porteront le Nom du Seigneur, désormais tout en tous. Le saint prophète remit son âme à Dieu dans un âge avancé et fut enseveli auprès du prophète Aggée.