”Saint Théodose, fils d’un prêtre, reçut de son père les premiers éléments de la piété, puis fut formé à l’École de la Théophanie — la future Académie de Kiev —, fondée au sein de la Laure pour préserver l’enseignement orthodoxe dans cette région alors soumise à la Pologne et contrer la propagande jésuite. Devenu moine dans ce prestigieux monastère, où il reçut le nom de son fondateur saint Théodose, il en imita la vie angélique. Remarqué par le métropolite de Kiev pour son humilité, il fut ordonné diacre de la cathédrale; mais, avide de solitude, il se retira dans un austère monastère de la province de Tchernigov, où il fut ordonné prêtre. De nouveau distingué entre tous, il devint higoumène du monastère de Korsoun, puis abbé du fameux monastère de Vydoubitsky, à Kiev, qui, tombé aux mains des Uniates et des Catholiques polonais, avait été presque réduit en ruines: à force de prières et d’efforts soutenus, malgré les calomnies, il le rénova et y organisa une communauté exemplaire, célèbre dans toute la Russie pour la beauté de ses offices. Jouissant de toute la confiance de l’archevêque Lazare, son ancien maître, il fut consacré, le 13 septembre 1692, évêque coadjuteur de Tchernigov.
Resté seul à la tête de son troupeau après la mort de Lazare l’année suivante, il veillait avec un soin attentif sur tous et sur chacun; plus confiant en la Providence et en la prière qu’en toute entreprise humaine, il se montrait tolérant pour les fautes de ses enfants spirituels, mais demeurait l’inébranlable défenseur de la foi orthodoxe menacée. Il se dépensa pour prêcher la vraie doctrine, étendant son influence jusque sur les territoires occupés par les Polonais, où des nobles convertis de force au Catholicisme demandèrent à revenir à la foi de leurs Pères au mépris des représailles. Inspirant par son exemple l’amour de la vie ascétique, il entretint et fonda des monastères, fit bâtir de belles églises et veilla surtout à élever la vie morale de son diocèse par le soin qu’il apportait au choix et à la formation des prêtres de paroisse. Au bout de deux années seulement d’une sage administration, sentant sa fin approcher, il désigna pour successeur le digne saint Jean (Maximovitch) et remit en paix son âme à Dieu, le 5 février 1696; dès les premiers jours, il manifesta par de nombreuses guérisons et apparitions le soin qu’il continuait de prendre de son troupeau, et son corps fut découvert incorrompu soixante-seize ans après sa mort.