”Née en Angleterre dans la première moitié du VIIe siècle, sainte Bathilde fut capturée dans sa jeunesse par des pirates et vendue comme esclave. Elle entra au service d’Erchinoald, maire du palais de Neustrie qui, devenu veuf, lui proposa de l’épouser, tant l’avaient impressionné sa beauté, sa douceur et sa piété, qui lui faisaient accomplir avec empressement les tâches les plus humbles; mais la jeune fille refusa, lui révélant qu’elle voulait avoir le Christ pour unique époux. Quelques années plus tard cependant (655), elle accepta de devenir l’épouse du roi de Neustrie Clovis II, fils de Dagobert, dont elle eut trois fils: Clotaire III, Childéric II et Thierry III. Comme reine, elle remplit tout le palais de la bonne odeur de ses vertus: mère pour les grands, fille dévouée pour les évêques, sœur pour les moines et les moniales, elle se mettait avec empressement au service des pauvres, des orphelins et des étrangers.

À la mort de Clovis II (657), elle assura la régence du royaume jusqu’à ce que son fils Clotaire fût en âge de régner. Grâce à son influence bienfaisante, la paix se rétablit entre l’Austrasie et les royaumes unis de Neustrie et de Bourgogne; elle réprima la simonie dans le clergé, corrigea les mœurs, fit régner la justice et œuvra efficacement à l’abolition de l’esclavage. À l’exemple de sainte Clotilde, elle fonda de nombreuses églises dans tout le royaume, fit agrandir le monastère de Chelles, près de Paris, et répandit ses largesses sur quantité d’autres fondations religieuses.

Elle aspirait elle-même à se retirer à Chelles pour accomplir les engagements pris envers Dieu dès sa jeunesse, mais ne put réaliser ce dessein qu’à la faveur d’une révolte: l’évêque de Paris Sigebrand ayant été mis à mort par les grands de la cour contre sa volonté, ceux-ci, redoutant son châtiment, la laissèrent se retirer au cloître. Devenue moniale, elle se soumettait à l’abbesse et aux sœurs comme la plus humble d’entre elles, visitait fréquemment les malades et répandait partout la joie et la chaleur de la charité. Rudement éprouvée dans ses dernières années par la discorde sanglante entre ses fils Childéric et Thierry pour la succession de leur aîné Clotaire, et par une longue et grave maladie, elle plaçait tout son espoir en Dieu. Comme sa fin approchait, elle se vit en vision gravir, accompagnée des Anges, les degrés d’une échelle qui montait au ciel; et, quelques jours plus tard, le 30 janvier 680, elle s’endormit en paix. Les nombreux miracles accomplis auprès de son tombeau en firent un célèbre lieu de pèlerinage, et lorsqu’on exhuma son corps, en 833, on le trouva incorrompu.