”Sainte Agnès, l’illustre martyre louée par tant de générations d’amis de la pureté, était une toute jeune vierge de douze ans, de noble origine, vivant à Rome sous le règne de Dioclétien. Menant une vie digne de son nom (agnê signifie «chaste»), elle enseignait la parole de vérité aux femmes qui venaient la trouver et les exhortait à reconnaître le Christ comme seul vrai Dieu. Arrêtée pour ce motif et amenée devant le préfet, elle refusa de renier le Sauveur et fut livrée, vêtue d’une simple tunique, au tenancier d’une maison de débauche; mais tous ceux qui s’approchaient pour l’outrager perdaient leurs forces et restaient frappés de stupeur, et le plus violent d’entre eux, qui se précipita sur elle comme une bête, tomba soudain raide mort. Interrogée par le préfet, Agnès répondit qu’un Ange de Dieu, sous l’apparence d’un jeune homme vêtu de blanc, repoussait les impudents; puis, levant les yeux au ciel, elle obtint par sa prière que le mort se relevât, si bien que les païens stupéfaits, et le préfet lui-même, s’écrièrent: «Grande est la puissance des chrétiens!» Mais des impies irréductibles l’accusèrent de magie, et elle fut condamnée à être brûlée vive: armée du signe de la Croix, la prière aux lèvres, elle entra vaillamment dans les flammes et abandonna à Dieu son corps gardé immaculé. Ses restes, pieusement recueillis, furent déposés dans un tombeau au-dessus duquel on bâtit plus tard une vaste basilique, demeurée jusqu’à ce jour une source de consolation et de guérisons.