”Sainte Fausta vécut au temps de l’empereur Maximien. Issue de nobles et riches chrétiens de Cyzique, en Asie Mineure, elle resta orpheline à treize ans; mais ni sa jeunesse ni l’attrait trompeur des richesses ne purent la détourner de la vertu, et c’est avec une résolution pleine de maturité qu’elle se gardait pure de toute souillure, s’adonnant au jeûne, à la prière et à la méditation de l’Écriture. Sa renommée parvint jusqu’à l’empereur, qui envoya le sénateur Évilassios la sommer de sacrifier aux idoles sous peine d’être noyée. La frêle jeune fille lui résista en face, confessant audacieusement le Christ; il lui fit raser la tête et la livra à une cruelle flagellation, mais, à sa prière, de terribles éclairs fendirent le ciel et frappèrent de mort nombre de païens présents. Comme les bourreaux, ayant enfermé la sainte dans un coffre de bois pour la scier en deux, s’épuisaient en vain, son corps étant protégé par la Grâce telle une armure de fer, Évilassios, troublé, la fit comparaître pour l’interroger sur cette foi qui donne tant de force; et son cœur fut alors touché par la Grâce, de sorte qu’il crut au Christ et fit relâcher Fausta.
Dénoncé à l’empereur, Évilassios fut livré au préfet Maxime, célèbre pour sa dureté. Attaché au poteau, il s’écriait: «Seigneur tout-puissant, de même que Tu as secouru ta sainte Fausta, sauve-moi aussi, car c’est Toi que j’aime!» Pour le faire céder, Maxime fit amener la sainte et ordonna de lui planter des clous dans les chevilles; la voyant indemne, il la livra à des fauves qui devinrent à son approche doux comme des agneaux, puis l’étendit avec Évilassios sur un gril incandescent. Tous deux louaient Dieu à haute voix, comme les Jeunes Gens dans la fournaise de Babylone, et leur hymne de victoire perça le cœur de pierre de Maxime: voyant soudain les cieux s’ouvrir et le Fils de Dieu apparaître dans sa gloire, il quitta ses vêtements, se signa et s’étendit de lui-même sur le gril avec les deux martyrs, disant: «C’est avec vous que je veux être, Saints de Dieu; intercédez pour moi, afin que Dieu reçoive ma conversion comme celle du bon Larron!» À l’instant où les trois rendaient joyeusement leur âme, une voix se fit entendre du ciel: «Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et je vous donnerai le repos dans mon Royaume!» (Mat. 11, 28).
