”Originaire de Cyzique, sur l’Hellespont, sainte Triphène était la fille d’un sénateur romain nommé Anastase, et fut élevée dans la foi chrétienne par sa mère. En un temps de persécution, elle alla d’elle-même au-devant du martyre, tournant en dérision les sacrifices que les païens offraient à leurs idoles sans vie et les exhortant à la conversion. Le préfet Césaire la fit alors arrêter et jeter dans une fournaise ardente; comme elle en était sortie indemne, protégée par la grâce divine, il la fit précipiter du haut d’un promontoire sur un parterre hérissé de clous, mais sans plus de succès. Finalement livrée aux bêtes sauvages, dont plusieurs s’écartèrent d’elle avec respect, elle fut chargée par un taureau furieux qui lui laboura le corps de ses cornes et lui procura ainsi la palme du martyre. On raconte qu’à l’endroit où coula le sang de la sainte jaillit ensuite une source d’eau claire, où les femmes et même les femelles d’animaux, dont le sein était desséché, retrouvaient le lait nécessaire à leurs petits.