”Au printemps de 811, le cruel et primitif Kroum, chef des Bulgares, remporta contre toute attente une victoire écrasante sur l’armée byzantine. Il se fit faire une coupe avec le crâne de l’empereur Nicéphore, mort dans la bataille, et, sa soif de conquête ne connaissant plus de bornes, se précipita vers Byzance en détruisant tout sur son passage. Vainqueur de nouveau en 813, il assiégea Andrinople peu après l’accession au trône de Léon l’Arménien et, entrant dans la ville ensanglantée, contraignit le saint évêque à se prosterner devant lui, lui posa le pied sur la nuque et emmena en exil quarante mille chrétiens. À sa mort, en 814, lui succéda Ditzevg, homme tout aussi cruel et plein de haine pour les chrétiens: il convoqua saint Manuel, le fit transpercer de part en part, lui fit couper les bras et les jeta aux fauves. Mais bientôt frappé d’aveuglement par la colère divine, Ditzevg fut assassiné par ses propres adeptes.

Omourtag (814-831) prit alors la tête des Bulgares et pourchassa sans pitié tous les chrétiens, soumettant aux plus cruels supplices ceux qui refusaient de renier le Christ. C’est ainsi qu’il fit lacérer de coups de verges le saint archevêque de Develtos Georges et l’évêque Pierre, puis les fit décapiter avec trois cent soixante-dix-sept autres glorieux martyrs. Il ordonna de décapiter les deux généraux byzantins Léon et Jean, ainsi que les pieux Gabriel et Sionios; il fit transpercer par le glaive l’évêque de Nicée Léon, lapider le prêtre Parode, et condamna bien d’autres chrétiens à divers genres de mort, peuplant ainsi le ciel d’une glorieuse cohorte de martyrs.