”La deuxième année de la grande persécution menée dans tout l’Empire (308-309), le gouverneur de Césarée de Palestine, Firmilien, fit arrêter des chrétiens rassemblés pour lire les Écritures à Gaza; les uns furent condamnés aux travaux forcés après avoir eu les tendons du pied gauche tranchés au fer rouge et l’œil droit crevé, d’autres livrés à de plus cruels tourments. Parmi eux, Théé, ne supportant pas la menace d’être livrée à la prostitution, condamna avec véhémence l’injustice du pouvoir; elle fut fustigée, puis déchirée sur le chevalet. Une autre femme de Césarée, Valentine, se précipita sur les lieux en criant au persécuteur: «Jusques à quand tortureras-tu ma sœur de manière aussi cruelle?» Arrêtée et traînée au tribunal, elle se réclama du Nom du Sauveur et, comme on la poussait de force vers l’autel impie, renversa d’un coup de pied le brasier et tout ce qui s’y trouvait. Le juge lui fit écorcher les flancs et ordonna de faire périr par le feu ces deux femmes devenues vraiment sœurs par leur communion à la Passion du Seigneur.

Le saint martyr Paul, lui aussi arrêté à Gaza et ayant confessé le Christ sous la torture, fut condamné à mort le même jour. Au moment où le bourreau allait lever son glaive, il demanda un court délai et, l’ayant obtenu, pria Dieu d’une voix haute et claire de délivrer les chrétiens de la persécution, d’amener les Juifs et les Samaritains à la foi et d’illuminer les païens assis dans les ténèbres; puis il pria pour le juge qui l’avait condamné, pour les souverains, et même pour le bourreau qui allait le frapper. Après quoi, ayant dégagé sa nuque, il l’offrit au tranchant du glaive et remporta la couronne du martyre, tandis que les assistants étaient émus jusqu’aux larmes.