”Sarbel était prêtre des idoles dans la ville d’Édesse, sous le règne de Trajan (vers 115). Un jour qu’il se préparait à présider une grande fête païenne, revêtu de tous ses ornements d’or et de pierreries, le saint évêque de la cité, Barsimée, qui l’avait déjà maintes fois exhorté à abandonner le culte insensé des idoles, se présenta devant lui et l’avertit du lourd compte qu’il aurait à rendre devant Dieu pour tant d’âmes qu’il entraînait à la perdition. Touché par la grâce du Christ, Sarbel acheva la célébration, mais, dès le lendemain, il vint trouver l’évêque en compagnie de sa sœur Bébaïa, se jeta à ses pieds et demanda à recevoir le baptême sans tarder. La nouvelle de la conversion du prêtre païen mit la ville en émoi, et le gouverneur Lysias le fit aussitôt comparaître à son tribunal.

Après avoir patiemment enduré divers supplices, Sarbel fut emprisonné, puis, deux mois plus tard, soumis à de nouvelles tortures et condamné à être scié en deux et décapité. Pendant cet horrible supplice, le martyr demeurait impassible, comme si son âme se trouvait déjà au ciel. Lorsqu’on lui trancha la tête, sa sœur Bébaïa, qui assistait à l’exécution, étendit un manteau sur son corps pour recueillir son précieux sang en disant: «Que mon âme soit unie à la tienne auprès du Christ, que je connais et en qui je crois». Sur le rapport de ces paroles, le gouverneur envoya ses soldats décapiter sur place l’audacieuse jeune femme, qui mêla ainsi son sang à celui de son frère et gagna avec lui le chœur des saints martyrs. Des chrétiens recueillirent leurs corps et les ensevelirent dans le tombeau de l’évêque saint Absélame.