”Sainte Xénie, nommée Eusébie au saint baptême, avait grandi au sein d’une noble famille chrétienne de Rome, dans le courant du Ve siècle. Le jour venu du mariage que ses parents avaient préparé malgré son désir de consacrer sa virginité au Seigneur, elle s’enfuit de nuit en compagnie de deux servantes et s’embarqua pour Alexandrie. Parvenue dans l’île de Kôs, elle changea son nom pour celui de Xénie, «l’étrangère», et pria Dieu de lui envoyer, comme à sainte Thècle, un autre Paul pour la guider dans la voie du salut. Un noble et respectable vieillard, précisément nommé Paul, lui apparut alors et la conduisit à Mylasa, en Carie, où il offrit à elle et à ses deux compagnes des cellules près du monastère dont il était higoumène. Sainte Xénie y mena de longues années une vie toute céleste: entreprenant des austérités qui faisaient trembler les démons, ne mangeant qu’un peu de pain tous les deux ou trois jours, qu’elle assaisonnait de ses larmes, priant toute la nuit et fuyant la vaine gloire en se mettant humblement au service des pauvres et de ses disciples toujours plus nombreux. Elle fit bâtir près de sa cellule une église dédiée à saint Étienne, et l’endroit devint bientôt un couvent bien organisé.
Après avoir mené son séjour terrestre vraiment comme une étrangère, sainte Xénie s’endormit en paix en priant pour ses sœurs, et son âme partit avec joie rejoindre sa patrie céleste. En signe de la faveur qu’elle avait acquise auprès de Dieu, une croix lumineuse, plus brillante que le soleil et entourée d’une couronne d’étoiles, apparut alors en plein jour, suivit le cortège durant les funérailles et disparut lorsqu’on déposa en terre le corps de la sainte.
