”Né vers 1209 dans la région de la mer Noire, fils d’un célèbre général, saint Mélèce quitta patrie, biens et parents à la suite d’une vision et se rendit à pied, en plein hiver, en pèlerinage aux Lieux Saints. Devenu moine au mont Sinaï, il passait des semaines sans nourriture et des nuits entières sans sommeil; pour fuir la vaine gloire que lui valait l’admiration des moines, il mena ensuite une vie errante, butinant les vertus des uns et des autres telle une abeille à travers l’Égypte, la Syrie et Damas, avant de s’établir au grand monastère de Saint-Lazare, au mont Galésion, où il reçut le grand-habit. Humble, la prière sans cesse au cœur, d’une obéissance extrême, il restait parfois reclus quarante jours sans rien manger.

Un jour, le Christ lui apparut dans une éblouissante lumière et lui ordonna de se rendre à Constantinople pour y défendre la vraie foi, menacée par les compromissions de l’empereur Michel VIII avec les Latins. La grâce qui rayonnait de sa personne attirait malgré lui les foules, mais l’humble Mélèce, ne pouvant supporter cette célébrité, se retirait sans cesse pour reprendre son ascèse comme s’il débutait. Quand l’empereur et le patriarche Vekkos déclenchèrent la persécution contre ceux qui résistaient à l’union latine, il parcourut toute la Bithynie pour confirmer la vraie foi et réfuter l’hérésie; au mont Saint-Auxence, où il fonda un groupe d’ermitages, il eut une vision de saint Auxence lui prédisant qu’il recevrait bientôt la couronne des confesseurs, à l’exemple de saint Étienne le Jeune.

Avec son compagnon Galaction, il se présenta à la cour pour blâmer l’empereur de sa trahison de la foi orthodoxe; jetés en prison, maltraités, puis exilés dans l’île de Skyros, ils furent séparés: Mélèce fut envoyé à Rome, où il affronta les théologiens latins et resta prisonnier sept années, avant d’être renvoyé dans un cachot obscur de Skyros. Comparaissant de nouveau devant l’empereur et demeurant inflexibles, ils furent livrés à la torture: Mélèce fut pendu à un arbre qui, dit-on, fleurit soudain en le recevant, puis on lui coupa la langue tandis qu’on aveuglait Galaction; mais, par miracle, ni l’un ne cessa de proclamer la foi en la Sainte Trinité, ni l’autre de célébrer la divine liturgie. Après la mort de Michel VIII (1282), Mélèce joua un rôle important dans le rétablissement de l’Orthodoxie. Parvenu à un grand âge, il ne s’accorda aucun relâchement, ne se nourrissant pendant trois ans que de quelques légumes; et lorsqu’il remit son âme à Dieu (1286), son visage resplendissait plus que le soleil, et son corps demeura incorrompu, source de nombreux miracles.