”Né à Cydonie, dans l’île de Crète, en 793, saint Nicolas fut envoyé dès l’âge de dix ans au monastère du Stoudion — où son oncle était moine — pour y recevoir l’enseignement de saint Théodore, dont il devint le disciple exemplaire et bientôt le tachygraphe personnel. Mort à toute volonté propre, il ne vivait que pour le Christ présent en la personne de son père spirituel et obéissait docilement à tous les frères; et à mesure qu’il descendait dans l’abîme de l’humilité, l’amour divin dévorait en lui les penchants de la chair. Admiré de tous pour son abstinence, ses veilles et sa prière continuelle, il ne fut amené qu’à grand-peine à accepter le sacerdoce.
Quand l’empereur Léon V l’Arménien déclencha une nouvelle persécution contre les saintes icônes (815) et exila saint Théodore, Nicolas suivit son père spirituel et partagea de plein gré ses mauvais traitements, le réconfortant et transcrivant les lettres qui, secrètement transmises aux disciples dispersés, soutenaient la cause de l’Orthodoxie; ayant intercepté l’une de ces copies, l’empereur fit flageller les deux confesseurs jusqu’au sang et les laissa presque morts sur la terre gelée. Transférés de forteresse en forteresse et réduits à mourir de faim, ils ne furent libérés qu’à la mort de Léon (820); barrés à l’entrée de la capitale, ils trouvèrent refuge à Chalcédoine, où le patriarche saint Nicéphore vénéra sur leurs corps meurtris les marques de la Passion. Après la mort de saint Théodore (11 novembre 826), Nicolas, fidèle disciple jusqu’au-delà du tombeau, fixa sa demeure près de la sépulture de son père et y persévéra dans le jeûne et la prière.
Sous la persécution de Théophile (829-842), il dut de nouveau s’enfuir; mais, l’Orthodoxie restaurée par l’impératrice Théodora et le patriarche saint Méthode (842), il regagna le Stoudion. À la mort de l’higoumène saint Naucrace, les frères le contraignirent à prendre sa succession, qu’il ne garda que trois ans avant de la céder, par amour de la quiétude. Les troubles qui suivirent la déposition du patriarche Ignace et l’élection de Photios furent pour cet amant de la solitude une source de nouveaux tourments: tenant pour invalide cette élévation, il préféra fuir de retraite en retraite, fut exilé sept années, puis ramené de force au Stoudion et emprisonné plus de deux ans, jusqu’à ce que Basile le Macédonien rétablît Ignace et le pressât en vain de reprendre le gouvernement du monastère. Préférant rester hors de toute affaire humaine pour se préparer à l’éternel repos, il s’endormit le 4 février 868, à l’âge de soixante-quinze ans. Dieu opéra par lui de nombreux miracles: il guérit en songe l’impératrice Eudoxie et, le jour même de sa mort, comme ses moines se plaignaient de manquer de blé, il leur annonça que Celui qui nourrit Israël au désert leur en enverrait en abondance sous trois jours — et le troisième jour, un navire chargé de grain, envoyé par l’empereur, abordait au port du monastère.