”Ce vaillant athlète de la piété quitta ses parents dès l’âge de sept ans pour se livrer aux combats de la vie ascétique, qu’il poursuivit sans relâche pendant quatre-vingt-douze années. Poussé par son amour du Christ, il quitta sa patrie, la Galatie, pour aller contempler les lieux que le Sauveur avait sanctifiés par sa présence; et, au retour de ce pèlerinage, la ferveur qu’il trouva à Antioche et dans sa région, où les nombreux ascètes disséminés ressemblaient à autant de fleurs dans une prairie spirituelle, le décida à établir sa demeure définitive dans un tombeau, ne prenant pour toute nourriture qu’un peu de pain et d’eau tous les deux jours. Dieu lui accorda en retour la grâce d’accomplir de nombreux miracles pour la consolation des hommes: c’est ainsi que, d’un simple signe de Croix, il guérit d’une maladie incurable des yeux la mère de son biographe, Théodoret de Cyr, et qu’il fit un plus grand miracle encore en la corrigeant de son goût pour les toilettes et les fards, vanités qui font injure à la sagesse divine en prétendant embellir l’image de Dieu.

Par la suite, elle venait le visiter chaque semaine avec son jeune enfant, que l’homme de Dieu prenait sur ses genoux pour jouer, en lui donnant du pain et des raisins; un jour, il coupa en deux sa ceinture de lin grossier et en ceignit les reins du petit Théodoret, et cette précieuse relique accomplit ensuite de nombreuses guérisons, comme jadis les vêtements des Apôtres. Il chassait aussi les démons avec autorité par sa seule prière: ainsi délivra-t-il le cuisinier d’une noble maison d’Antioche, dont un démon s’était emparé pour avoir, par plaisanterie, revêtu un habit de moine et imité les saints ascètes en feignant d’exorciser d’autres serviteurs. Après avoir éclairé Antioche des rayons de la Grâce de Dieu pendant de longues années, saint Pierre s’endormit en paix pour recevoir la couronne céleste, vers l’an 404, à l’âge de quatre-vingt-dix-neuf ans.