”Saint Publius était originaire d’une riche famille sénatoriale de Zeugma, sur les rives de l’Euphrate. À la mort de ses parents, il distribua tout son héritage selon le précepte de l’Évangile et se retira dans une cellule étroite sur une haute montagne, à trente stades de la ville, partageant jour et nuit son temps entre l’oraison, la psalmodie, la lecture et le travail manuel, sans jamais refuser l’accueil aux visiteurs. Comme le chant d’un oiseau en attire d’autres de son espèce, ce mode de vie céleste lui amena quantité de frères, pour chacun desquels il bâtissait une cellule, les visitant à l’improviste pour voir s’ils ne donnaient pas plus de soin à leur corps qu’à leur âme. Il finit par les rassembler en un seul monastère, afin que la vie commune les portât à s’exciter mutuellement à la vertu: «En empruntant les uns aux autres les perfections qui nous manquent, disait-il, nous rendrons notre vertu parfaite, comme dans un marché où les uns vendent et les autres achètent pour la vie de l’ensemble». Aux moines de langue grecque vinrent bientôt se joindre des frères syriaques, à qui il bâtit une autre demeure; mais tous se réunissaient dans la même église pour chanter la gloire de Dieu, disant tour à tour un verset, les uns en grec, les autres en syriaque. Après que Publius eut remis en paix son âme à Dieu (vers 380), son monastère continua de produire des hommes d’admirable vertu.