”Saint Sabas vécut au XVe siècle. De famille noble, il s’engagea dès son jeune âge sur la voie de la pauvreté volontaire, à l’imitation du Christ, et passa toute sa vie en ermite dépendant du monastère du Précurseur, à Ioannina. Jamais il n’acquit une tunique neuve ni une seconde paire de chaussures, car dès qu’il apercevait un indigent ou un malade, il s’empressait de lui céder ses vêtements et sa nourriture. Il fut le père spirituel des saints Nectaire et Théophane, fondateurs du monastère de Barlaam aux Météores, qui témoignaient ne l’avoir jamais vu se mettre en colère ni juger autrui. Tout son enseignement tenait en ces mots qu’il leur répétait souvent: «L’humilité est la pierre de fondement sur laquelle s’édifie la vie spirituelle». Chaque soir, il se levait une heure après le coucher du soleil et priait jusqu’à la septième heure de la nuit; il ne mangeait qu’une fois par jour, après la neuvième heure, et de toute sa vie ne versa pas même une goutte d’huile dans sa maigre pitance. Le jour de sa mort, il communia aux saints Mystères, puis renvoya ses disciples célébrer l’office sous prétexte de se reposer; le lendemain, ils le trouvèrent étendu sur son lit, revêtu de son habit monastique, les mains en croix, le visage empreint d’une immense paix, tandis qu’un parfum emplissait la cellule, attestant qu’il avait été reçu dans le chœur des saints.