”Notre saint Père Syméon se consacra dès sa jeunesse à la vie érémitique, enfermé dans une grotte étroite où il ne se nourrissait que d’herbes sauvages. Tout entier à la prière, il acquit de grandes grâces et reçut le pouvoir de commander aux bêtes: à trois Juifs égarés qui lui demandaient leur chemin, il promit deux guides, et aussitôt deux lions parurent, se prosternèrent devant lui en le caressant et, sur son ordre, remirent les voyageurs sur la bonne route. Ses miracles attirant les foules, Syméon, en quête de quiétude, gagna le mont Amane, près d’Antioche, où il convertit de nombreux païens, puis partit pour le Sinaï. Passant par le désert de Sodome, il y découvrit, caché dans une fosse, un ascète tout desséché qui lui révéla être resté fidèle à la promesse, faite à son compagnon de route défunt, de ne jamais se séparer de lui: il s’était creusé une tombe auprès de la sienne pour y servir Dieu jusqu’à la fin, nourri par un lion apprivoisé.
Parvenu au Sinaï, Syméon se retira dans la grotte où Moïse avait été jugé digne de voir Dieu de dos, autant qu’il est donné à l’homme de Le voir (cf. Ex. 33, 22). La face contre terre, il demeura huit jours sans nourriture, suppliant Dieu de lui accorder un signe de Sa faveur; il entendit alors une voix lui commander de se relever et de manger avec joie trois pommes miraculeusement apparues devant lui. De retour au mont Amane, il fonda deux monastères, l’un au sommet et l’autre au pied de la montagne, où il enseignait aux athlètes de la piété l’art du combat contre les passions et les démons. Comblé de grâce et parvenu à un grand âge, il partit jouir de la gloire céleste dans les dernières années du IVe siècle.