”L’aîné de ces trois frères selon la chair, David, devint moine à l’âge de seize ans à la suite d’une apparition de saint Antoine le Grand, et se retira sur le mont Ida, en Troade, où il fonda un monastère vers 762. Au terme de longues recherches, sa pieuse mère le retrouva et lui amena son plus jeune frère, Syméon, afin qu’il l’instruisît des lettres sacrées et le consacrât à Dieu.

Après la mort de celui qui avait été à la fois son frère et son père spirituel (784), Syméon entreprit d’imiter saint Syméon le Stylite: il s’installa sur une colonne, chargé de lourdes chaînes, restant souvent la semaine entière sans manger et vêtu en toute saison d’un grossier sac de crin, abandonné tout entier à la Providence — au point que, l’hiver, un grand aigle venait le réchauffer en le couvrant de ses ailes. Cette violence imposée à la nature lui attira la grâce de Dieu, qu’il répandait à son tour, par charité, sur tous ceux qui accouraient vers lui, par des miracles, des prophéties et des conseils spirituels; il était servi dans tous ses besoins par son frère aîné Georges, modèle d’obéissance et d’humilité, qui se faisait le serviteur de tous les frères comme une bête de somme. Lorsque l’évêque iconoclaste installé sous Léon l’Arménien (813) eut exilé l’évêque légitime de Mytilène et entrepris de soumettre les confesseurs de la vraie foi, il contraignit Syméon à descendre de sa colonne en y mettant le feu.

Laissant à Georges la direction du monastère, Syméon parcourut alors la région de Constantinople pour soutenir par son enseignement et ses miracles les moines orthodoxes; la persécution redoublant sous Théophile (829), il fut exilé dans l’île d’Afusia avec les saints Théophane et Théodore les Marqués, où il fonda un monastère et devint la providence des moines et des habitants. Ayant prédit la mort du tyran (842), il fut rappelé à Constantinople par la pieuse impératrice Théodora, qui réunissait les confesseurs exilés pour la restauration du culte des saintes icônes; il y retrouva son frère Georges, confondit le patriarche hérétique Jean dans une dispute théologique et contribua à l’élection de saint Méthode sur le siège patriarcal. Ayant refusé toutes les dignités qu’on voulait lui conférer, Syméon rentra dans sa patrie avec l’humble Georges et fut rappelé à Dieu peu après leur retour (843); Georges, contraint d’accepter la charge du diocèse de Mytilène, répandit encore quelque temps sa charité pour l’édification de l’île et des environs de Smyrne, avant de rejoindre ses deux frères dans les demeures célestes, la veille de Pâques 844.