”Saint Antoine naquit dans une famille pieuse et aisée de Bérée, en Macédoine. Brûlant d’amour pour la vie ascétique, il quitta tout jeune les vains plaisirs du monde pour devenir moine au monastère de Péraia, alors en plein épanouissement. Devenu rapidement un modèle pour les frères, il désira la vie érémitique et obtint de son supérieur la permission de se retirer dans une grotte inaccessible, près des rives de l’Aliakmon. Il y vécut cinquante ans, ne se nourrissant que des herbes des alentours, ignoré de tous à l’exception d’un prêtre qui venait de loin en loin le faire communier aux saints Mystères. Comme son illustre homonyme, le grand Antoine, il eut à endurer pendant des années les assauts des démons, qui lui apparaissaient sous les formes les plus terribles ou donnaient l’illusion que le fleuve débordait pour inonder sa grotte, afin de l’arracher à sa prière continuelle. Il persévéra ainsi jusqu’à l’âge de quatre-vingt-dix ans et remit en paix son âme à Dieu dans sa caverne.
Quelque temps plus tard, des chasseurs qui passaient par là, intrigués par l’aboiement de leurs chiens, levèrent les yeux vers la grotte cachée par les feuillages et virent une main humaine leur faire signe. Ils dégagèrent l’entrée et découvrirent à l’intérieur le corps incorrompu du saint ascète. L’évêque de Bérée accourut avec une grande foule pour lui rendre hommage; mais, comme les habitants de Péraia et ceux de Bérée se disputaient l’honneur de garder les précieuses reliques, le prélat fit placer le corps sur un chariot traîné par deux bœufs, comme jadis l’Arche d’Alliance (I Samuel 6), et le laissa guider par la Providence. Sans hésiter, l’attelage se dirigea vers Bérée et s’arrêta devant la maison familiale du saint, où l’on édifia par la suite une vaste église en son honneur.