”Saint Georges était né, vers 1810, dans une pauvre famille du village de Tzourchli, dans le diocèse de Gravéna, en Épire. Orphelin, il entra au service d’un officier turc comme palefrenier; resté fidèle à la foi chrétienne, il se vit pourtant affublé par les autres serviteurs d’un nom musulman, Ghiaour Hassan. Au bout de huit ans, comme il se préparait à épouser une jeune et pauvre chrétienne nommée Hélène, un Turc porta plainte auprès du cadi, prétendant qu’étant musulman, Hassan ne pouvait épouser une chrétienne. Après beaucoup de tumulte, Georges, de nature réservée, parvint à démontrer qu’il était né chrétien et l’était toujours resté. Il se maria et entra au service d’un autre dignitaire ottoman dans la ville de Philiate.
Revenu à Joannina pour une affaire, le jour même de la naissance de son fils (12 janvier 1838), il fut de nouveau appréhendé par son premier accusateur. Traduit devant le juge au milieu d’une foule agitée, il confessa avec constance qu’il avait toujours été chrétien et n’avait jamais renié la foi de ses pères; ni les pressions ni les vociférations des Turcs n’y purent rien. Jeté en prison, il y fut affermi par d’autres détenus chrétiens, qui attisèrent en son âme le désir du martyre, et un être lumineux lui apparut, le délivrant de ses lourdes entraves et lui inspirant un courage surhumain. C’est avec une joie indescriptible qu’au matin du 17 janvier il reçut l’annonce de sa condamnation et accompagna ses bourreaux presque en courant, comme le cerf altéré qui court vers la source d’eau vive (Ps. 41, 1). Il fut pendu, et son corps, resté trois jours exposé, exhalait un parfum suave tandis qu’une lumière céleste l’entourait, au témoignage même de ses gardiens. Sa dépouille fut remise au métropolite Joachim, qui rassembla tous les chrétiens de Joannina pour célébrer ses funérailles, marquées par de nombreux miracles qui se poursuivirent ensuite par ses reliques.