”Né en Gaule, d’une famille de rang consulaire, saint Honorat se convertit encore jeune au Christianisme et convainquit son frère aîné, Venance, de quitter avec lui leur famille et le monde pour consacrer leur vie au Christ dans la quiétude de quelque désert. Sous la conduite spirituelle d’un saint vieillard nommé Caprais, ils séjournèrent d’abord à Marseille, puis s’embarquèrent pour l’Orient. Venance étant mort peu après, Honorat, tombé malade, retourna en Provence et, sur le conseil de Léonce, évêque de Fréjus, alla s’établir avec son père spirituel dans l’une des îles de Lérins, au large de Cannes, alors infestée de serpents. Confiant dans la promesse du Sauveur, il libéra l’île de ce fléau par la seule force de sa prière, et en peu de temps cette île déserte devint l’un des plus grands et des plus illustres centres monastiques d’Occident, d’où devait sortir une multitude de saints évêques et de théologiens.

En 426, il fut élu évêque d’Arles, la principale métropole du Sud de la Gaule, et réussit en peu de temps à y restaurer l’ordre et la charité dans une Église troublée. Détaché de tous les honneurs et de tous les biens de ce monde, l’évêque continuait à vivre en moine, sans rien changer à son ascèse, et se faisait tout pour tous, si bien qu’on pouvait dire de lui qu’il était l’image vivante de la charité. Ses forces ne tardèrent pas à s’épuiser, et il remit en paix son âme au Seigneur le 16 janvier 429, sans cesser, jusqu’à la fin, d’exhorter et de consoler ses visiteurs.