”Notre saint Père Macaire naquit dans une famille aisée de Patmos à la fin du XVIIe siècle. Doué pour les études et avide d’apprendre, il gagna de bonne heure Constantinople pour étudier à l’École patriarcale du Phanar, où il profita de l’enseignement de Jacques d’Argos et de la direction d’Agapios Boulismas. Lié à de nombreuses personnalités ecclésiastiques et aux notables phanariotes, il conçut le désir ardent de participer au réveil spirituel de la nation grecque, surtout par l’enseignement. Ordonné diacre par le métropolite Parthénios de Nicomédie, qui voulait faire de lui son successeur, il refusa toute sa vie d’être élevé au sacerdoce et demeura simple diacre; puis il regagna sa patrie pour se consacrer à l’ascèse et à la prière, ces deux armes du soldat du Christ. Inscrit au monastère de Saint-Jean-le-Théologien, il s’installa près de la grotte de l’Apocalypse, où il passa plus de vingt-cinq ans (1713-1737) à prier, à prêcher et à enseigner.
Ascète rigoureux, mais profondément soucieux du salut et de l’éducation de ses frères, il fonda dans ce bâtiment une école gratuite, ouverte à tous, qui suivait le programme de l’École patriarcale; il y était assisté par certains de ses anciens élèves, notamment saint Gérasime, son successeur. Il ne transmettait pas seulement un savoir livresque, mais s’efforçait surtout d’inculquer la «science des vertus», dont il était lui-même le modèle: «enseignant ce qu’il faut faire, il mettait en pratique ce qu’il enseignait», écrit son biographe. Sans égal dans le jeûne et les veilles, persévérant dans les hymnes qu’il appelait «la théologie chantée», image vivante du Christ par son humilité et sa douceur, il exhortait sans cesse ses disciples à fuir la paresse, «mère de tous les maux», et le jugement d’autrui; il soutenait qu’il faut vénérer les écrits des saints Pères plus encore que les saintes reliques, et n’avait à la bouche que le «Gloire à Dieu!».
Les élèves affluant, il dut fonder une école plus vaste (1729) grâce aux dons de la famille Hypsilantis et de l’association des fourreurs de Constantinople; il venait en aide aux plus pauvres et répandait sa charité sur toute l’île en temps de disette ou d’épidémie, distribuant aussitôt aux nécessiteux tout l’argent qui lui passait entre les mains, et prenant soin de garder secrètes ses bonnes œuvres. Sans sortir de sa cellule, il devint, par sa vaste correspondance, le gardien vigilant des dogmes et des mœurs orthodoxes, et rédigea à la demande des évêques de nombreux sermons, dont une soixantaine furent réunis dans la Trompette évangélique, recueil qui a conduit bien des âmes au repentir. Presque continuellement éprouvé par la maladie, surtout l’arthrite des mains et des pieds, qu’il nommait «un fouet doré» accordé par Dieu, il ne cessa d’enseigner, même alité, jusqu’à son dernier souffle. Quand vint son heure (17 janvier 1737), il bénit ses disciples rassemblés en larmes autour de lui et remit son âme à Dieu.