”Suite à sa déchéance du pouvoir (695), l’empereur Justinien II, en chemin vers son exil en Chersonèse, visita un monastère situé sur une île près de la ville d’Amastris (Pont), où Cyr menait la vie ascétique depuis de nombreuses années. Le saint moine lui prédit alors que sa disgrâce serait de courte durée et qu’il devait bientôt regagner le trône. Lorsqu’il en fut ainsi, seize ans plus tard (705), l’empereur destitua le saint patriarche Callinique (mémoire le 23 août) pour mettre à sa place Cyr, en signe de reconnaissance pour sa prophétie.
Prélat très orthodoxe et sage, étranger aux cruautés qui marquèrent le règne sanguinaire de ce despote, Cyr tomba victime du regain de l’hérésie monothélite condamnée lors du Sixième Concile Œcuménique (686). Philippicus (711-713), s’étant emparé du pouvoir après la prise de Constantinople et le massacre de Justinien II, chercha aussitôt à restaurer cette hérésie, et l’une de ses premières décisions fut la déposition de Cyr qu’il remplaça par le diacre hérétique Jean, bibliothécaire du patriarcat. Par un édit adressé au pape de Rome, Constantin, l’empereur prescrivait à tous ses sujets de professer le dogme de la volonté unique du Christ et réhabilitait la mémoire de Serge, Honorius et de tous ceux qui avaient été condamnés par le Concile (voir au 14 septembre et au 21 janvier). Tous ceux qui protestèrent furent exilés. Quant à saint Cyr, il fut relégué au monastère de Chôra (actuelle Karyie Djami), où il termina saintement ses jours.