”D’une riche et illustre famille romaine apparentée à la famille impériale et installée à Constantinople, saint Marcien fut élevé dans la piété et l’amour de Dieu. Dès sa jeunesse il se distinguait par ses vertus et la pureté de ses mœurs. Désirant imiter saint Jean Baptiste, il domptait les élans de la chair par le jeûne, et s’appliquait assidûment à la prière et à la méditation de l’Écriture Sainte. Resté seul à la mort de ses deux parents, il considéra aussitôt les pauvres comme cohéritiers des biens considérables qu’ils avaient laissés, et distribua à tous sans compter argent, nourriture et vêtements, amassant ainsi des trésors dans le ciel. Comme on louait de partout les vertus du jeune homme, le patriarche Anatole (449-458) parvint, après beaucoup d’instances, à l’ordonner prêtre. Par la suite, le saint patriarche Gennade (458-471) le nomma économe de la Grande Église, la charge la plus importante du clergé de Constantinople.
Marcien avait une grande dévotion pour les saints martyrs et faisait tout pour leur rendre gloire, en édifiant et en embellissant leurs églises. C’est ainsi qu’il fit construire un magnifique sanctuaire en l’honneur de Sainte Anastasie. Le jour de la dédicace, alors qu’il s’apprêtait à concélébrer la sainte Liturgie, saint Marcien aperçut un mendiant réduit à la plus extrême misère qui s’approchait pour lui demander l’aumône. Comme il n’avait pas d’argent sur lui, il l’entraîna dans un endroit isolé, lui donna son seul vêtement de dessous; puis, revêtant ses ornements liturgiques sur son corps nu, il regagna le sanctuaire. Pendant toute la durée de la sainte Liturgie, les autres célébrants crurent voir sous ses ornements un habit tout étincelant d’or et de diamants. Ils en firent part au patriarche qui convoqua le saint pour le réprimander d’un tel luxe; mais il resta stupéfait en constatant qu’il était nu. Nombreux furent les hérétiques qui, à la suite de ce miracle, se convertirent à l’Orthodoxie. Une fois, saint Marcien éteignit par sa prière un incendie qui menaçait l’église; un autre jour, il ressuscita une femme enceinte tombée d’une balustrade.
Le patriarche Gennade, désirant agrandir l’église de Sainte-Irène, située près de la mer, en confia la tâche à son économe. La nuit même, le Seigneur apparut à Marcien en songe et lui révéla, comme à Moïse sur la montagne, l’endroit où l’église devait être construite, ainsi que son modèle et ses proportions. Il fit aussi construire et ornementer d’autres églises de la capitale, disant à ceux qui s’inquiétaient de tant de dépenses: «Si j’avais une fille à marier, ne dépenserais-je pas tout ce qui est possible pour la parer des plus beaux atours? Combien plus doit-on donc s’efforcer de parer l’Église, l’Épouse du Christ, pour laquelle Notre Seigneur a versé son sang». Il ne négligeait pourtant pas le service des pauvres: la nuit venue, il se rendait dans les quartiers les plus misérables pour venir en aide à ceux qui n’osaient pas mendier pendant le jour et pour prendre soin des défunts. Respecté des plus grands personnages de l’empire et guérissant par ses prières les maladies de l’âme et du corps de quantité de pèlerins, saint Marcien rendit en paix son âme au Seigneur, vers l’an 471.