”Saint Hermyle était diacre à Singidunum (Belgrade), sous le règne du tyran Licinius († 324). Dénoncé par les païens, il accueillit avec joie les soldats venus pour l’arrêter. Amené dans l’amphithéâtre, il répondit avec hardiesse aux questions de l’empereur, se moqua du culte insensé des idoles et eut pour cela les joues déchirées. Jeté en prison, il y reçut la visite d’un ange qui le consola et l’encouragea à rester ferme jusqu’à l’issue de son combat. Lorsqu’on le ramena de nouveau devant le tyran, il montra que sa foi avait été plus renforcée qu’ébranlée dans l’épreuve, et fut battu de verges par six hommes sans paraître en ressentir aucune peine. Il pria Dieu de le rendre digne de participer à Sa Passion salutaire, et une voix se fit entendre du ciel, lui promettant la couronne dans trois jours.

Le geôlier Stratonique, gagné à la foi par tous ces prodiges, était devenu l’ami d’Hermyle, mais il n’osait pas encore se déclarer ouvertement chrétien. Lorsque, le lendemain, on soumit de nouveau Hermyle à d’horribles supplices, Stratonique ne put retenir ses larmes en voyant son ami torturé. En le voyant ému à ce point, les soldats l’interrogèrent et, sentant que le moment opportun était arrivé, il confessa qu’il partageait la foi du martyr et était prêt à mourir pour l’amour du Christ. Arrêté et condamné à être fustigé, il prit courage en regardant vers son ami. Finalement, effrayé par les interventions divines et désespérant de ramener Stratonique à l’idolâtrie, le tyran ordonna d’envelopper les deux martyrs dans un filet et de les jeter dans le Danube. Comblés de joie d’aller ensemble rejoindre le Christ, ils chantaient: «Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre et bienveillance aux hommes». Les eaux du fleuve, sanctifiées par leurs corps, les rejetèrent quelques jours plus tard sur la berge, à la grande joie des chrétiens qui les ensevelirent avec honneur.