”Ces trois saints martyrs étaient frères, originaires de Cappadoce, au temps de Marc-Aurèle (161-180) selon les uns, ou d’Aurélien (270-275) selon les autres. Élevés dans l’idolâtrie, ils étaient devenus fort habiles dans l’art de la cavalerie et le dressage des chevaux sauvages. Un jour qu’on célébrait dans leur contrée la fête de Zeus, ils invitèrent leur grand-mère Néonille à leur festin. La vieille femme, qui s’était convertie au christianisme, profita de l’occasion pour exposer aux trois jeunes gens tout ce que le Verbe de Dieu a accompli en vue de notre salut et pour tourner en dérision le culte païen. En entendant le récit de l’Incarnation, les trois frères reçurent soudain l’élucidation des rêves énigmatiques qu’ils avaient eus la nuit précédente: la lumière de la foi illumina leur cœur, et ils partirent sans tarder confesser le Christ devant les païens et renverser leurs idoles. Traduits devant les tribunaux, ils furent jetés dans un sombre cachot. On envoya Néonille dans l’espoir qu’elle les ramènerait à l’idolâtrie pour sauver leur vie; mais, tout au contraire, leur grand-mère les encouragea à persévérer jusqu’au bout dans le bon combat. Condamnés à être brûlés vifs, les trois bienheureux rendirent leur âme à Dieu en se tenant en prière au milieu des flammes; et, un peu plus tard, Néonille reçut à son tour la palme du martyre et partit les rejoindre dans la demeure des saints.