Ainsi qu’Elle en a la coutume après certaines grandes fêtes du Seigneur et de la Mère de Dieu, en ce second jour de la fête de la Théophanie, l’Église rend honneur à l’auxiliaire de ce mystère, au Baptiste et Précurseur, qu’elle loue comme le plus grand des prophètes, le plus noble des enfants des femmes, la voix du Verbe, le héraut de la Grâce, l’hirondelle annonciatrice du printemps spirituel, le flambeau et le phare de la Lumière divine, l’aurore spirituelle annonçant le Soleil de Justice, comme ange terrestre et homme céleste qui se tient à la frontière du ciel et de la terre et unit l’Ancien et le Nouveau Testament. Envoyé par Dieu comme une voix dans le désert, pour annoncer et préparer la venue du Christ, Jean met un terme à sa mission en baptisant le Seigneur dans le Jourdain: «Telle est ma joie, et elle est complète, dit-il, Il convient que Lui croisse et que moi je diminue…» (Jn. 3, 30). Cependant, même après l’apparition de la Grâce et sa mort en martyr, saint Jean le Baptiste continue d’être pour les chrétiens, au sens spirituel, le Précurseur du Christ. Modèle de la tempérance, de la virginité, de la vie de pénitence et de purification des passions par l’ascèse et la prière, initiateur de la vie monastique et du séjour dans le désert, il ne cesse de nous préparer le chemin qui mène au Seigneur. C’est en suivant son message de repentir et de conversion que l’on peut dignement se préparer à recevoir le saint baptême, et c’est en imitant, après l’illumination, son saint mode de vie au désert que l’on pourra garder la Grâce et la faire croître sans relâche jusqu’à ce que le Christ habite en nous dans toute la splendeur de Sa résurrection.
Le même jour, nous commémorons également la translation de la précieuse relique de la main droite du Précurseur, d’Antioche à Constantinople, sous le règne de Constantin VII Porphyrogénète et Romain II Lécapène (956-957).
La sainte dépouille du Précurseur ayant été inhumée à Sébaste par ses disciples, l’Évangéliste saint Luc vint, quelque temps plus tard, la vénérer et prit avec lui la main droite du Précurseur pour la déposer à Antioche, sa patrie, où elle accomplit de nombreux miracles. Entre autres, on raconte que les païens de la ville avaient coutume d’offrir chaque année en sacrifice une vierge ayant juste atteint la nubilité, à un redoutable dragon qu’ils considéraient comme un dieu. Un jour, le père de la pauvre victime qui venait d’être désignée, se précipita en hâte vers l’église où était vénérée la précieuse relique, pour demander l’aide du saint Précurseur, et s’empara subrepticement d’un de ses doigts. Au moment où, en présence de tout le peuple, les prêtres des idoles se préparaient à jeter sa fille dans la gueule béante du monstre, il lui jeta le doigt du saint et, aussitôt, la bête tomba morte. En signe de reconnaissance, on construisit une magnifique église en l’honneur du Précurseur.
Longtemps après, les pieux empereurs Constantin VII et Romain II, ayant entendu le récit des miracles innombrables accomplis par la main du Saint, chargèrent un diacre nommé Job de son transfert à Constantinople. La réception du saint Baptiste et Précurseur du Christ dans la capitale eut lieu précisément le soir de la fête de la Théophanie. [Le saint est en effet considéré comme réellement présent et «vivant» dans ses reliques et ses icônes.] Cette sainte relique est de nos jours vénérée au monastère de Dionysiou, sur la Sainte Montagne de l’Athos.
Mémoire du saint néomartyr Athanase d’Attalie, martyrisé à Smyrne en 1700.
Originaire d’Attalie, saint Athanase demeurait à Smyrne où, perpétuellement en contact avec les Turcs, il supportait patiemment leur mépris et leurs injures. Un jour, sans y prendre garde, il laissa échapper de sa bouche la fameuse doxologie musulmane: «Il n’y a de Dieu que Dieu». En l’entendant, les Turcs se précipitèrent autour de lui et le conduisirent dans un grand tumulte au tribunal, en déclarant qu’il venait d’embrasser la foi musulmane. Mais le saint s’en défendit avec force, disant qu’il ne s’agissait que d’une simple formule générale de louange à Dieu et que son intention n’avait nullement été d’abandonner la foi de ses pères. On le mit aussitôt en prison comme apostat et, après un simulacre d’interrogatoire, il fut frappé de verges et subit d’autres tourments. Comme il restait inébranlable dans la confession du Christ, il fut décapité et son corps fut jeté aux chiens. Ces bêtes qui avaient coutume de dévorer sur le champ les cadavres qu’on leur livrait, se tinrent avec respect à distance de la dépouille du saint martyr, de sorte que, trois jours plus tard, de pieux chrétiens purent venir l’ensevelir dignement.
