”Né en Espagne en 346, au sein d’une illustre famille aristocratique, le très pieux empereur Théodose se distingua d’abord par sa vaillance militaire. Le jeune empereur d’Occident Gratien le prit comme général en chef, puis l’associa au pouvoir en le faisant couronner empereur d’Orient à Sirmium, le 16 janvier 379. Théodose montra aussitôt un attachement solide à la foi orthodoxe et résolut d’en finir avec l’arianisme: il fit triompher la cause que saint Basile avait défendue au prix de tant de labeurs, imposa définitivement la doctrine du Concile de Nicée et réunit pour cela le Deuxième Concile Œcuménique à Constantinople (381), qui proclama aussi la divinité du Saint-Esprit. Interdisant le culte arien et proscrivant les religions païennes, il fit de l’empire un État officiellement chrétien, couronnant ainsi l’œuvre de saint Constantin.
Souverain pacifique et plein de piété, Théodose n’en était pas moins d’un caractère autoritaire et prompt à la colère, ce qui l’amena parfois à se heurter aux défenseurs de la morale chrétienne; mais il montra chaque fois un sincère repentir et se soumit à l’Église. Ainsi, en 390, ayant fait massacrer plusieurs milliers d’innocents à Thessalonique pour châtier une révolte, il s’entendit refuser l’entrée de l’église par saint Ambroise de Milan, et se soumit humblement à une sévère pénitence, se présentant comme un pécheur public, dépouillé de ses ornements impériaux; il promulgua ensuite une loi différant de trente jours l’exécution des condamnés à mort. De même, en 387, il renonça à châtier dans le sang la ville d’Antioche révoltée, cédant aux supplications de son épouse Placilla et du patriarche Flavien. Son repentir et son humilité étaient si grands qu’il lui fut donné de faire des miracles: lors d’un pèlerinage à Jérusalem, vêtu en simple particulier, il vit par sa seule prière les portes de la basilique de la Résurrection s’ouvrir toutes grandes et l’église s’illuminer comme un jour de fête. Il avait transcrit de sa main le texte de l’Évangile et disait se réjouir davantage d’être membre de l’Église que d’avoir la royauté sur toute la terre. Après avoir régné seize années dans la piété, il remit en paix son âme au Seigneur en 395, à l’âge de soixante ans, laissant ses fils Honorius empereur d’Occident et Arcade empereur d’Orient; de Milan, son corps fut ramené à Constantinople et enseveli avec de grands honneurs.