”La sainte dépouille du Précurseur ayant été inhumée à Sébaste par ses disciples, l’Évangéliste saint Luc vint, quelque temps plus tard, la vénérer et prit avec lui la main droite du Précurseur pour la déposer à Antioche, sa patrie, où elle accomplit de nombreux miracles. Entre autres, on raconte que les païens de la ville avaient coutume d’offrir chaque année en sacrifice une vierge ayant juste atteint la nubilité, à un redoutable dragon qu’ils considéraient comme un dieu. Un jour, le père de la pauvre victime qui venait d’être désignée, se précipita en hâte vers l’église où était vénérée la précieuse relique, pour demander l’aide du saint Précurseur, et s’empara subrepticement d’un de ses doigts. Au moment où, en présence de tout le peuple, les prêtres des idoles se préparaient à jeter sa fille dans la gueule béante du monstre, il lui jeta le doigt du saint et, aussitôt, la bête tomba morte. En signe de reconnaissance, on construisit une magnifique église en l’honneur du Précurseur.
Longtemps après, les pieux empereurs Constantin VII et Romain II, ayant entendu le récit des miracles innombrables accomplis par la main du Saint, chargèrent un diacre nommé Job de son transfert à Constantinople. La réception du saint Baptiste et Précurseur du Christ dans la capitale eut lieu précisément le soir de la fête de la Théophanie. [Le saint est en effet considéré comme réellement présent et «vivant» dans ses reliques et ses icônes.] Cette sainte relique est de nos jours vénérée au monastère de Dionysiou, sur la Sainte Montagne de l’Athos.
