”Fils d’un marchand de la ville de Koselsk, saint Eléazar commença sa vie monastique dès sa jeunesse au monastère de Solovki, sur la Mer Blanche. Comme il cherchait une vie plus austère, il se rendit dans l’île déserte d’Anzersk, prise dans les glaces la plus grande partie de l’année (1616). Il construisit une petite skite au sommet d’une montagne, où bientôt vingt solitaires demeurèrent, installés dans des cellules séparées les unes des autres d’environ un kilomètre. L’observance de l’ascèse et du silence y était très stricte, et les solitaires ne se rencontraient que le dimanche et les fêtes pour la sainte liturgie.
Saint Eléazar acquit, par ses ascèses, le don des larmes et de la prière incessante. Un jour, le démon se présenta à lui sous l’aspect d’un postulant à la vie monastique pendant qu’il accomplissait sa règle de prière; mais au moment où il prononçait les mots de l’oraison dominicale «délivre-nous du Malin», le faux novice disparut comme de la fumée. La beauté de la création était même pour lui une occasion de trouble, et il disait avec larmes: «Seigneur, pourquoi tant de beauté dans ta création, que Tu offres à ton indigne serviteur?» Du fond de l’obscurité de sa cellule, sa prière transperçait les nuées, et il pouvait contempler les Anges s’assembler autour de lui pour chanter la grande doxologie. Une autre fois, le Christ lui apparut et lui ordonna de faire peindre son image: cette icône, déposée plus tard sur le tombeau du saint, devint une source de nombreux miracles. Saint Eléazar s’endormit en paix le 13 janvier 1656.