”Le jour de la fête de la Nativité du saint Précurseur Jean Baptiste, en 1412, les moines du monastère de Klops, près de Novgorod, découvrirent dans l’église un moine inconnu qui lisait le livre des Épîtres à la lumière d’un cierge. Après l’office, ils le trouvèrent enfermé dans une cellule en train d’écrire; comme il ne répondait pas à leurs injonctions, ils enfoncèrent la porte, mais l’inconnu se contentait de répéter les questions qu’on lui posait. L’higoumène, doué de discernement spirituel, comprit qu’il simulait la folie pour cacher sa vertu. Il lui fit donner une cellule, dans laquelle il demeura toute sa vie dans une grande austérité et une obéissance absolue, sans jamais révéler ni son nom ni son origine. Il allait souvent dormir dans les champs ou sur un tas de fumier; le dimanche, il mangeait un peu de pain et buvait un peu d’eau, et passait le reste de la semaine dans le jeûne complet.

En 1419, le prince Constantin Dmitriévitch, frère du grand-prince de Moscou Basile Ier, se rendit au monastère pour une fête. Pendant le repas, le moine inconnu avait été désigné pour lire la vie des saints; aussitôt qu’il entendit sa voix, le prince reconnut en lui Michel, le fils de son cousin Maxime, disparu quelques années plus tôt sans laisser de trace, et révéla son identité à l’higoumène. Quelque temps plus tard, chassé par le grand-prince, Constantin vint désemparé au monastère prendre conseil de son parent; Michel lui recommanda seulement de faire construire une église en pierre au centre du couvent. Le prince s’exécuta, et le jour même de la dédicace, le grand-prince le rappela à la cour et lui rendit sa faveur; par la suite, Constantin se fit moine. Un jour, saint Michel arrêta un jeune garçon dans les rues de Novgorod et lui prédit qu’il deviendrait archevêque sous le nom de Jonas (mémoire le 5 novembre). Il prédit aussi la mort du prince Shemyaka et de l’archevêque Euthyme, et annonça bien longtemps à l’avance la perte de l’indépendance de Novgorod. Il s’endormit en paix en 1456.