”Saint Martinien fut confié dès sa plus tendre enfance à saint Cyrille du Lac Blanc par ses parents, pauvres chrétiens de Vologda. Une fois son éducation achevée, il fut tonsuré moine par saint Cyrille et entreprit d’imiter en tout la conduite de son père spirituel. Ce ne fut cependant qu’après l’avoir suffisamment éprouvé dans l’obéissance que Cyrille lui accorda sa bénédiction pour suivre la même règle de prière que lui. Martinien fut ensuite ordonné prêtre et, après la mort de Cyrille (1429), il se retira dans la solitude. Puis, sur l’invitation des disciples de saint Théraponte (mémoire le 27 mai), il assura la succession du saint, qui était parti fonder un autre monastère. Le grand-prince de Moscou, qui venait d’être chassé du trône et aveuglé, visita un jour le monastère et demanda à saint Martinien de prier pour que justice lui soit rendue. Il retrouva effectivement sa dignité quelque temps après, appela le saint à Moscou pour faire de lui son père spirituel, et, malgré son refus, le fit nommer higoumène de la laure de la Trinité-Saint-Serge. Le saint ne craignait pas de blâmer ouvertement le grand-prince quand il commettait une faute: un jour, il se rendit à la cour pour défendre un noble injustement emprisonné et déclara au souverain qu’il le privait de sa bénédiction. Après des éclats de colère, le prince fit pénitence, libéra le prisonnier et vint demander humblement pardon au saint dans son monastère.

Vers 1455, saint Martinien sentit ses forces faiblir et rentra au monastère du Lac Blanc pour jouir d’un peu de repos; mais les moines l’accueillirent comme leur père et le contraignirent à assurer la charge d’higoumène jusqu’à la fin de ses jours, malgré ses infirmités. Il mourut en paix, entouré de ses disciples, à l’âge de 86 ans (1483), après avoir passé plus de 70 ans dans la vie monastique.