”Natif de la ville de Lampsaque (Hellespont), saint Maxime grandit dans la piété, avec une dévotion fervente pour la sainte Mère de Dieu. Vers l’âge de 17 ans, il revêtit l’habit monastique et devint disciple d’un moine du mont Ganos (Thrace). Après plusieurs étapes (le mont Papikion, Constantinople, où il commença à simuler la folie pour cacher ses vertus), il gagna le Mont Athos et devint moine à la Grande-Laure de saint Athanase. Un jour, la Mère de Dieu l’invita en songe à monter au sommet de l’Athos pour y recevoir, comme Moïse, les tables de la Loi spirituelle. Il y persévéra seul dans la prière, trois jours et trois nuits, résistant aux assauts des démons, jusqu’à ce que la Mère de Dieu lui apparût entourée de la cour céleste: elle le réconforta d’un pain miraculeux, lui donna le pouvoir contre les démons et lui ordonna de vivre désormais en solitaire sur les pentes de l’Athos. Comme un ancien, manquant de discernement, l’accusa d’avoir été le jouet de l’illusion, l’humble Maxime décida de paraître aux yeux de tous comme un fou: il allait pieds nus, exposé au soleil et au froid, et construisait de lieu en lieu une cabane de branchages qu’il brûlait sitôt construite, d’où son nom de kavsokalybe («brûleur de cabane»).
Connu de ceux qui brillaient alors sur l’Athos par leur science spirituelle, il fut recherché par saint Grégoire le Sinaïte, le grand maître de la prière du cœur (mémoire le 12 avril), qui le pressa de lui raconter sa vie. Maxime lui confia que, tout jeune encore, un jour qu’il priait avec larmes devant l’icône de la Mère de Dieu pour obtenir la grâce de la prière, une chaleur douce comme la rosée avait soudain rempli sa poitrine et son cœur, et que, depuis, son intelligence n’avait pas cessé d’invoquer avec une douceur indicible le Nom de Jésus et celui de la Mère de Dieu.
Interrogé sur l’extase et sur la prière, le saint enseigna que, lorsque le Saint-Esprit visite l’homme de prière, l’intelligence cesse alors d’agir par ses activités propres et se laisse conduire là où le veut l’Esprit, dans la lumière divine: «De même que la cire, dure de sa nature, fond et devient tout feu et toute lumière quand on la met au contact du feu, de même l’intellect, lorsque le feu divin l’approche, brûle du feu de la Divinité et devient tout entier lumière». Quant au discernement des esprits, il enseignait que les signes de l’illusion sont le trouble, la dureté du cœur, la crainte, l’agitation, la vanité et la colère, tandis que l’Esprit Saint rassemble l’esprit dans l’unité, le rend humble et mesuré, lui inspire la pensée de la mort et du Jugement, et fait verser des larmes de componction.
Plein d’admiration, saint Grégoire le supplia de cesser sa vie errante pour éclairer le monde de son expérience. Maxime fit obéissance et s’installa dans une cabane, abandonné à la Providence: il recevait du ciel un pain chaud et buvait de l’eau de mer qu’il adoucissait par sa prière. À plusieurs reprises des moines le virent élevé dans les airs pendant sa prière, ou entouré d’une lumière si éclatante qu’ils crurent sa cellule en feu. Doté d’un extraordinaire don de prophétie, il dévoilait les secrets des cœurs et les hérétiques, et prévoyait l’avenir: il prédit ainsi aux coempereurs Jean VI Cantacuzène et Jean V Paléologue la guerre civile qui devait bientôt les diviser, et annonça sa propre mort au patriarche saint Calliste Ier. Après avoir passé plus de quatorze ans dans une grotte, il s’installa près de la Lavra, dans une cellule qu’il légua à son disciple et biographe saint Niphon (mémoire le 14 juin). Saint Maxime remit en paix son âme au Seigneur vers 1365, à l’âge de 95 ans, pleuré par tous les moines de l’Athos comme leur père et maître.
