”Né en 1317 à Moscou, dans une riche et noble famille, saint Paul se distingua dès son enfance par sa douceur et son amour des pauvres. À l’âge de 22 ans, il s’enfuit de la maison paternelle afin d’échapper au mariage, et devint moine dans un monastère situé sur les rives de la Volga, où il dépassa rapidement en ascèse tous ses compagnons. Comme il priait Dieu de lui indiquer un père spirituel, il entendit vanter la renommée de saint Serge de Radonège. Paul accourut à la laure de la Sainte-Trinité et devint un des disciples les plus exemplaires de saint Serge. Retranchant en tout sa volonté propre, il acquit le don des larmes et obtint, après quelque temps, de vivre dans une cellule en reclus. Au bout de quinze ans de silence, de méditation et de prières continuelles, la Grâce de Dieu fit surgir en lui le don de l’enseignement comme une source abondante.

Comme les frères ne cessaient de l’assaillir de questions, il reçut de saint Serge la bénédiction pour se retirer seul dans la forêt de Komel (Vologda). Il vécut là trois années entières dans le tronc d’un tilleul, dans le silence et la prière continuelle, glorifiant Dieu avec les oiseaux, jusqu’au jour où saint Serge de Nourma (7 octobre) le découvrit en compagnie de bêtes sauvages et d’une quantité d’oiseaux qui venaient prendre leur nourriture en se posant sur sa tête et sur ses épaules. À la suite de plusieurs signes de Dieu, saint Paul quitta sa solitude pour fonder un monastère sur les bords de la rivière Obnora, où il reçut des disciples en nombre croissant. Il leur enseignait à persévérer dans la prière et le service des frères, à veiller sur leurs pensées et, par dessus tout, à aimer le silence, «la mère de toutes les vertus». À l’approche de la mort, âgé de 112 ans, le bienheureux interrompit tout contact avec les hommes, s’absorbant dans la prière afin de contempler en toute pureté la gloire du Seigneur. Il s’endormit en paix en 1429, et accomplit par la suite de nombreux miracles dans son monastère qui connut un grand essor.