”Au bout de longues années de vie monastique au monastère d’Abba Séridos, à Gaza (Palestine), saint Vital se rendit dans la ville d’Alexandrie pour travailler au salut des femmes de mauvaise vie. Il prenait la dixième partie de la somme que lui rapportait son travail manuel pour se nourrir et se rendait, le soir venu, dans le quartier des prostituées, proposait à l’une de ces pauvres femmes le reste de la somme, à condition qu’elle ne s’adonnât pas au péché cette nuit-là, et restait à ses côtés jusqu’au matin, en priant pour son salut. Quand il la quittait, il lui faisait promettre de ne raconter à personne ce qui s’était passé. On dénonça au saint patriarche Jean le Miséricordieux (12 novembre) ce moine qui provoquait le scandale en s’exhibant ainsi parmi les pécheresses, mais saint Jean ne prit aucune mesure contre lui. À la mort de Vital, un possédé fut délivré, et on découvrit près de son corps une tablette sur laquelle était écrit: «Habitants d’Alexandrie, ne jugez pas avant le temps, jusqu’à ce que vienne le Jour du Seigneur». Le grand nombre de femmes de mauvaise vie qui s’étaient converties grâce à lui firent alors connaître ses bienfaits, et la ville entière l’honora par de splendides funérailles.