”Saint Anatole était originaire d’Alexandrie et avait été ordonné diacre par saint Cyrille. Lors du Brigandage d’Éphèse (449), il résidait à Constantinople en tant que représentant (apocrisaire) du patriarche d’Alexandrie, Dioscore. Aussitôt après l’assassinat de saint Flavien (cf. 16 fév.), Dioscore, pensant contrôler par son entremise le siège rival de la capitale, fit consacrer Anatole archevêque de Constantinople. Mais, comme cela s’était déjà produit jadis avec saint Mélèce d’Antioche (cf. 12 fév.) et saint Cyrille de Jérusalem (cf. 18 mars), l’attente des hérétiques se trouva amèrement déçue, et leur favori se montra soudain un fervent défenseur de la vraie foi.
Sitôt monté sur le trône, le bienheureux Anatole rejeta l’hérétique Dioscore et, après avoir réinséré le nom de saint Flavien dans les diptyques, il fit transférer, avec grands honneurs, son corps dans l’église des Saints-Apôtres. Puis il envoya des lettres encycliques à tous les évêques, les incitant à jeter l’anathème sur les chefs des hérétiques : Nestorius, Eutychès et Dioscore, ainsi que sur tous ceux qui enseignaient que la nature divine a souffert mélange ou changement lors de l’Incarnation du Verbe de Dieu. Ayant grandement contribué à la réunion du Quatrième saint Concile Œcuménique de Chalcédoine (451), où il joua un rôle de premier plan, il encouragea les saints Pères à proclamer clairement le dogme des deux natures, divine et humaine, unies sans division dans la Personne unique du Verbe incarné. Pendant les huit années de son épiscopat, qui virent l’Église gravement troublée à la suite des réactions suscitées par le Concile, le saint prélat, qui était humble et doux comme le patriarche Jacob, sut cependant diriger avec énergie et sagesse son troupeau spirituel; et, grâce à l’appui de l’impératrice Pulchérie, il favorisa l’édification de magnifiques églises à la gloire de Dieu. Au cours d’une épidémie qu’aggravait une longue sécheresse, il prit la tête d’une procession qui traversa toute la capitale, et, tel un nouveau Moïse, il pria sur la muraille, avec larmes et les mains levées vers le ciel. Presque aussitôt une pluie violente vint laver la ville de ses maux et remplir les citernes.
Ayant été guéri d’une maladie par l’intercession de saint Daniel le Stylite (cf. 11 déc.), saint Anatole prit ardemment sa défense contre ceux qui accusaient calomnieusement le saint ascète d’hérésie, et il resta un de ses fervents admirateurs. Timothée Ailure s’étant emparé du siège d’Alexandrie après avoir fait assassiner saint Protère (cf. 28 fév.), saint Anatole réunit un synode à Constantinople pour l’anathématiser (457), et l’empereur Léon Ier le condamna à l’exil. L’année suivante, saint Anatole remit en paix son âme à Dieu, laissant saint Gennade pour lui succéder (cf. 17 nov.).