”Saint Théodore était évêque de Cyrène en Lybie, d’où était également originaire Simon, qui porta la croix du Seigneur (cf. Mat. 27, 32). À ses tâches pastorales il ajoutait l’art de la calligraphie, et, pendant de longues années, il recopia quantité de livres pour les églises et amena de nombreux païens à la foi en les convainquant de leurs erreurs. Au début de la persécution de Dioclétien (vers 299), il fut dénoncé au gouverneur Diognien par son propre fils, et se rendit au tribunal accompagné d’un grand nombre de chrétiens, parmi lesquels se trouvaient les saintes Cyprille, Aroa et Lucie. Le gouverneur demanda au saint de lui livrer ses livres et de renier le Christ. Comme il refusait avec fermeté, on le fustigea au moyen de verges et de sangles garnies de boules de plomb à leurs extrémités, qui lui écrasèrent la mâchoire. Sans rien perdre de son assurance et fortifié par la grâce du Christ, le saint renversa alors d’un coup de pied l’autel des idoles qui se trouvait là. Fou de rage, le magistrat le fit suspendre à un chevalet et écorcher vif. Ses tortionnaires appliquèrent ensuite du sel et du vinaigre sur ses plaies, en les frottant avec du crin, puis ils lui coupèrent la langue et le jetèrent en prison. Les saintes femmes mentionnées précédemment recueillirent pieusement la langue du martyre et vinrent la lui apporter dans son cachot. Saint Théodore ayant posé le membre ensanglanté sur sa poitrine, une colombe apparut, tournoya autour de lui et s’approcha pour lui donner comme un baiser, puis un paon vint se poser sur la fenêtre. Quand les deux animaux s’envolèrent, le saint se trouvait complètement guéri et sa langue remise en place, et peu après il rendit son âme à Dieu. Un conseiller de rang sénatorial de la ville de Cyrène, Lucius, qui avait été témoin de ce miracle, crut alors au Christ.

Quand le gouverneur fut mis au courant de ce qui s’était passé dans la prison, il ordonna d’exécuter sans retard les trois femmes et tous ceux qui, convertis par saint Théodore, avaient été baptisés par lui. Malgré la menace imminente, Lucius reçut à son tour le saint Baptême, et il parvint à convaincre Diognien de renoncer à l’idolâtrie. Ils s’embarquèrent tous les deux pour Chypre, où ils eurent affaire à un autre gouverneur qui persécutait sans pitié tous ceux qui invoquaient le Nom du Christ. Lucius se livra aux persécuteurs, à l’insu de Diognien, et comparaissant au tribunal, il renversa l’autel des idoles. Il eut la tête tranchée, et remporta ainsi la couronne du martyre \[Il est commémoré seul le 20 août]. Diognien vint récupérer sa dépouille et l’inhuma pieusement.