”Au temps de la persécution de Dioclétien, saint Anecte exhortait les chrétiens de Césarée de Cappadoce à ne pas craindre ceux qui tuent le corps, mais à affronter avec courage les supplices, et la mort elle-même, pour la foi au Christ, le Vainqueur de la mort. Arrêté et traduit devant le gouverneur Urbain qui voulut le contraindre à sacrifier, le saint, par sa prière, renversa à terre les idoles. On l’étendit entre quatre piquets et dix soldats le fustigèrent avec des nerfs de bœuf. Ils lui coupèrent ensuite les doigts des mains et des pieds, et lui labourèrent le corps avec des ongles de fer, mais un ange vint le guérir de toutes ses plaies.

Ses tortionnaires ne s’en trouvèrent pourtant nullement émus et ils continuèrent de lui infliger divers supplices avant de le jeter en prison, où il fut de nouveau guéri par un ange. Quand les païens le virent sortir du cachot indemne et prêt à d’autres combats, nombre d’entre eux se convertirent et furent délivrés de tous leurs maux par la grâce du saint baptême. Le saint fut alors livré à de nouvelles tortures : on le suspendit par les mains avec une lourde pierre attachée aux pieds, puis on le frappa au ventre avec des baguettes de tambour, ensuite on lui versa du plomb fondu dans la bouche et on lui appliqua un casque de fer incandescent sur la tête, et enfin il fut jeté dans une fournaise. La grâce de Dieu l’ayant préservé de tous ces tourments, en montrant en lui les arrhes de l’incorruptibilité promise aux élus, de nombreux païens se convertirent ; ils furent tous immédiatement décapités. On soumit alors saint Anecte une dernière fois aux supplices, et comme il avait jeté au visage du magistrat les lanières de peau qu’on lui avait découpées, il fut décapité. On raconte qu’il porta lui-même sa tête sur une distance d’une trentaine de mètres, avant de remettre victorieux son âme au Seigneur.